Et si on nommait un pyromane à la tête des pompiers ? C’est l’impression que laisse la dernière farce politique à l’Assemblée Nationale avec la commission d’enquête visant LFI. Entre manœuvres politiciennes et mépris des institutions, la situation atteint des sommets d’absurdité. Jusqu’où ira le théâtre de guignols ? Découvrez notre analyse sans concession.

Il faut reconnaître un certain génie à la classe politique française : celui de transformer les institutions les plus sérieuses en un théâtre de guignols. La dernière pièce à l’affiche est une farce grinçante : la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les liens supposés entre La France Insoumise et les réseaux islamistes. Une initiative de la droite, qui a décidé de se transformer en tribunal politique pour instruire le procès de son adversaire.

Le décor est planté. Mais c’est dans la distribution des rôles que la pièce atteint des sommets d’ironie. Car pour présider cette grande inquisition, qui a eu l’audace de se présenter ? Aymeric Caron. Lui-même. Le député apparenté au groupe qu’il est censé faire griller. L’arroseur qui se propose non seulement d’inspecter la lance à incendie, mais de la diriger.

La candidature a été rejetée, bien sûr. Mais le simple fait qu’elle ait été déposée en dit long sur le niveau de décomposition du débat. C’est un geste qui expose, avec un cynisme éclatant, la nature purement politicienne de l’entreprise.

À ce niveau d’absurdité, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Si l’on pousse la logique jusqu’au bout, pourquoi ne pas nommer Francis Heaulme à la présidence d’une cour d’assises ? Après tout, il a une connaissance intime du fonctionnement de la justice criminelle, vue de l’intérieur. Ou confier à Jérôme Kerviel la direction de la Banque de France ? Son expertise en matière de “prise de risque” est inégalée.

Cette comparaison n’est une caricature qu’à peine. Elle révèle une vérité profonde : quand les institutions sont dévoyées au point de devenir des armes pour régler des comptes politiciens, la confiance s’effondre et tout devient possible, même le plus grotesque. La présidente socialiste, élue à la tête de ce tribunal improvisé, a d’ailleurs préféré démissionner quelques heures plus tard, refusant de cautionner la mascarade.

Le spectacle continu. La droite cherche un nouveau président pour sa commission, et la gauche crie au procès stalinien. Pendant ce temps, les vrais problèmes du pays attendent. Mais le rideau n’est pas prêt de tomber sur le théâtre de l’absurde. Le public, lui, ne sait plus s’il doit rire ou pleurer. Alors, dans le doute, il s’habitue au grotesque, et finit par le trouver normal. C’est peut-être ça, le plus grand drame.