Mercosur : Bruxelles a validé la défaite de ses paysans

Ce vendredi 9 janvier 2026 restera gravé comme une date noire dans la mémoire rurale européenne. Tandis que la France tentait désespérément de bâtir une minorité de blocage, la mécanique implacable de la « majorité qualifiée » a broyé les dernières résistances au Conseil des ministres européens. Avec le soutien décisif de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Espagne, l’Union Européenne a officiellement ouvert ses portes au Mercosur.
C’est une validation politique qui donne mandat à Ursula von der Leyen pour signer le traité dès ce lundi 12 janvier au Paraguay.
La France est isolée. Son veto n’a pas pesé lourd.
Pour les éleveurs de Saône-et-Loire, cette signature résonne comme une provocation. L’accord ouvre le marché à des quotas astronomiques : 99 000 tonnes de viande bovine et 180 000 tonnes de volaille sud-américaine vont déferler, produites selon des normes sanitaires et environnementales que nos propres agriculteurs ont l’interdiction d’appliquer.
En Bresse, terre d’excellence de la volaille AOP, la menace est existentielle. Comment la fine fleur de l’élevage, contrainte par des cahiers des charges drastiques, pourra-t-elle survivre face à une concurrence dopée aux hormones et à la déforestation, alors que les fameuses « clauses miroirs » ne s’activeront qu’à des seuils de variation jugés inatteignables ?
Une question que je pourrais poser à Eric Michoux bientôt !