C’est une mise à jour administrative qui passe souvent sous les radars, noyée entre les vœux et la galette des Rois. Pourtant, l’arrêté publié fin décembre dessine la frontière invisible de l’année 2026 pour des milliers de foyers bressans. Avec une revalorisation chirurgicale de 0,87 %, l’État a légèrement remonté la barre d’accès au logement social. Concrètement, pour une personne seule vivant à Louhans, Cuisery ou Pierre-de-Bresse, le couperet tombe désormais à 23 403 euros de revenu fiscal de référence. En dessous, vous entrez dans la case « éligible ». Au-dessus, le guichet se ferme.
La règle est froide, mais elle mérite d’être lue.
C’est la déclaration de revenus 2024 qui fait foi, figeant la situation d’il y a deux ans pour décider du toit de demain. Ce mécanisme révèle un paradoxe grandissant : avec ces nouveaux seuils, une immense partie de la classe moyenne locale, celle qui travaille mais qui peine à se loger dans le parc privé, se retrouve théoriquement éligible. Beaucoup l’ignorent, persuadés que le HLM est réservé à d’autres.
Avoir le droit de déposer un dossier ne signifie pas obtenir les clés, surtout dans un contexte où la rotation des locataires ralentit même dans nos campagnes. Mais avant de se résigner face aux loyers du privé, il est impératif de ressortir son avis d’imposition. Car en 2026, la frontière sociale s’est déplacée de quelques euros, et vous êtes peut-être, sans le savoir, du bon côté de la ligne administrative.
