Louhans et Lessard : Quand la bêtise profane le sacré
L’automne 2025 a laissé une trace sombre dans la mémoire de la Bresse, une cicatrice que les chiffres officiels viennent aujourd’hui confirmer. En l’espace d’une semaine, la violence symbolique a frappé deux fois, brisant la quiétude de nos campagnes. Le 16 octobre, c’est le monument aux morts de Louhans-Châteaurenaud, pierre angulaire de notre mémoire républicaine, qui était souillé. Six jours plus tard, le 22 octobre, la grotte des Libeaux à Lessard-en-Bresse, refuge de prière populaire, subissait un saccage méthodique. Ces actes ne sont des agressions directes contre ce qui lie une communauté : son histoire et sa foi.
Le constat est remonté jusqu’aux ors de la République.
Le député Éric Michoux a saisi le ministre de l’Intérieur via une question écrite publiée au Journal Officiel, transformant le choc local en alerte nationale. Car la Bresse n’est pas un îlot isolé.
Elle subit de plein fouet une vague de fond qui traverse tout le pays, avec une hausse de 13 % des actes anti-chrétiens recensée dès le premier semestre 2025. Cette statistique froide masque une réalité brûlante : celle d’une perte de repères où plus rien, ni le souvenir des soldats tombés, ni le silence d’un lieu de culte, ne semble à l’abri de la profanation.
Cette interpellation parlementaire pose une question qui dépasse la simple réponse policière. Elle interroge la capacité de l’État à protéger non seulement les biens, mais aussi l’âme des territoires ruraux. Quand on s’attaque aux symboles de la mémoire commune à Louhans ou à la spiritualité humble de Lessard, c’est le sentiment de sécurité le plus intime des habitants qui se fissure, laissant place à une incompréhension mêlée de colère sourde.
Crédit photo : Manuel Moreno-Lopez
