C’est une promesse alléchante qui est tombée dans les boîtes mail des décideurs publics ce 5 janvier 2026.
FranceAgriMer, le bras armé de l’État pour l’agriculture, lance un appel à projets massif pour remettre du lait et des fruits dans le quotidien des écoliers. Sur le papier, l’offre est irrésistible : pour l’année scolaire 2026-2027, l’aide couvre 100 % des factures acquittées. C’est de l’argent gratuit pour éduquer le goût, reconnecter les enfants aux produits de la ferme et soutenir nos filières agricoles locales qui en ont bien besoin.
Mais il y a un « mais » de taille.
En lisant les petites lignes du règlement, l’enthousiasme risque de retomber dans nos villages. Le ticket d’entrée pour déposer un dossier est fixé à 50 000 euros minimum pour les mesures éducatives. Ce seuil exclut de facto la petite école rurale ou la mairie isolée qui voudrait monter son projet à taille humaine. L’administration a choisi son camp : celui des grosses structures.
Pour la Bresse, le message est clair. Si nous voulons que nos enfants croquent des pommes locales ou boivent du lait de nos fermes aux frais de l’Europe, l’initiative individuelle ne suffira pas.
C’est aux Communautés de Communes ou au Département de s’emparer du dossier avant le 28 février. L’argent est là, disponible, mais il ne descendra pas tout seul dans les cours de récréation ; il faut aller le chercher avec la force du nombre.