C’est souvent dans les dernières lignes droites d’un mandat que se jouent les plus gros coups de poker.
Le 11 décembre dernier, le Conseil Municipal de Louhans a validé un projet qui ne laisse personne indifférent : la réhabilitation totale du Cinéma (l’ex-Eden).
L’enveloppe donne le vertige : 2,8 millions d’euros.
Pour une ville de notre taille, c’est un investissement colossal. C’est un acte de foi.
Mais le diable se niche dans les détails de la délibération.
Le projet acte une transformation radicale de notre rapport à la culture. Fini le cinéma de masse. On passe de 432 fauteuils à 266. On sacrifie la quantité pour le « confort » et l’accessibilité. C’est un aveu lucide, mais mélancolique : à l’heure de Netflix, on ne va plus au cinéma pour s’entasser, mais pour vivre une expérience « Premium » que le canapé ne peut pas offrir.
Politiquement, le sujet est électrique.
À quelques mois des urnes (mars 2026), ce vote n’a pas fait l’unanimité (1 voix contre, 5 abstentions). L’opposition marque son territoire. Est-ce le projet de trop ? Ou au contraire, est-ce l’outil indispensable pour que le centre-ville ne meure pas une fois les magasins fermés ?
Ce chantier est un pari sur l’avenir social de Louhans. C’est affirmer qu’en 2026, il est encore vital de sortir de chez soi pour regarder un film ensemble, dans le noir.

Reste à savoir si les électeurs, eux, valideront le scénario.

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