L’habitude était tenace, presque culturelle. Tondre, ramasser, charger la remorque et tout déverser à la déchèterie le samedi matin. Ce réflexe de jardinier vient de se heurter à un mur administratif ce lundi 5 janvier 2026. Le SIVOM du Louhannais a mis sa menace à exécution : l’herbe fraîche est désormais persona non grata dans ses sept sites. Cette décision radicale, mûrie depuis l’été dernier, ne vise pas à punir le citoyen, mais à sauver les finances publiques d’une hémorragie silencieuse. Avec 172 000 euros engloutis chaque année pour traiter ce qui n’est finalement que de l’eau et de la matière organique, le système avait atteint son point de rupture, saturant les bennes au détriment des vrais encombrants.
La sanction est immédiate.
Se présenter aujourd’hui avec des sacs de tontes, c’est s’exposer à un refus ferme à l’entrée, voire à une amende de 235 euros pour les plus obstinés. La brutalité de la mesure est à la hauteur de l’urgence écologique. Il ne s’agit plus de déplacer le problème, mais de le résoudre à la racine, littéralement. Le SIVOM renvoie la balle et l’herbe dans le jardin des habitants, les invitant à redécouvrir le mulching ou le compostage. C’est un changement de paradigme pour la Bresse : accepter que la nature ne produit pas de déchets, mais des ressources qui doivent rester au sol.
