C’est une mise à jour administrative datée du 15 janvier qui va faire vibrer les téléphones des maires de Saône-et-Loire toute la semaine. La Préfecture de région vient de publier la feuille de route des dotations d’investissement pour 2026. Derrière les acronymes barbares que sont la DSIL (Soutien à l’investissement local) ou la DSID (Soutien aux départements), se cache le véritable carburant de nos projets locaux.
Qu’il s’agisse de refaire l’isolation de l’école de Branges, de sécuriser la place de Saint-Germain-du-Bois ou de rénover un collège, rien ne se fait sans ce chèque de l’État. Mais cette année, le message de Paris est plus direct que jamais : le carnet de chèques est ouvert, à condition de suivre la ligne.
La lecture des priorités fixées par le Préfet révèle une stratégie de “fléchage” implacable. Vous voulez des fonds ? Il faudra parler “Transition Écologique”. La rénovation thermique, les énergies renouvelables et les mobilités douces ne sont plus des options, ce sont les sésames obligatoires pour débloquer les crédits. L’État utilise sa puissance financière pour forcer la main aux collectivités locales et accélérer une mutation que les budgets communaux seuls ne pourraient supporter.
Alors que la crise politique s’aggrave, marqué par un budget national de “compromis” défendu par Sébastien Lecornu, cette manne financière devient un enjeu de survie pour les élus locaux à deux mois des municipales.
Ceux qui sauront monter les dossiers conformes aux exigences vertes de la DSIL pourront couper des rubans ; les autres regarderont passer les trains. La course aux subventions est lancée, et en 2026, elle se gagnera sur la capacité à verdir le béton.