2000 € d’amende pour avoir défendu l’environnement.
Qu’ont fait les habitants de Condal pour mériter ça ?
Deux mille euros. C’est le tarif exact exigé aujourd’hui par la justice pour avoir osé défendre le sol bressan. Vendredi dernier, lors de son assemblée générale, l’Association de Défense de l’Environnement Bressan (ADEB 71) a dressé un bilan moral teinté d’une amertume légitime. Le tribunal administratif a rejeté leur ultime recours contre la construction du méthaniseur industriel de Condal, porté par l’entreprise Bio Énergie Bressane.
Le juge ne s’est pas contenté de débouter les citoyens. Il les a condamnés à payer les frais de justice du porteur de projet. Une sanction financière brutale, vécue comme un coup de règle sur les doigts destiné à faire taire les gêneurs.
Ils ont perdu en justice, mais gagné sur le terrain de la conscience. L’association ADEB 71 condamnée, ses membres se demandent : à quoi bon défendre la Bresse si c’est pour être punis ?
« Qu’avons-nous fait de mal ? » C’est par cette question amère que s’ouvre le rapport moral 2025 de l’ADEB, adopté à l’unanimité lors de l’assemblée générale de l’association, vendredi à Pierre-de-Bresse. En cause : la décision du Tribunal administratif de rejeter le recours formé contre le projet de méthaniseur industriel de Condal (Saône-et-Loire), accompagné d’une condamnation à verser 2 000 euros de frais de justice au porteur du projet, Bio Énergie Bressane.
Pour les militants bressans, cette décision dépasse le simple désaccord juridique : elle illustre la fragilité démocratique d’un territoire rural soumis à des choix technocratiques, où les installations classées (ICPE) se multiplient « dans un silence assourdissant des institutions ».