Depuis huit mois, ils sont douze. Douze étudiants en BTS technico-commercial, spécialité vins, bières et spiritueux.
Leur projet : organiser un salon des vins. Pas un petit salon improvisé. Vingt-huit exposants, tous vignerons passés par la même école, une règle qui fait de cette manifestation une affaire de famille. La vingtième édition, cette année. Un anniversaire qu’ils ont voulu à la hauteur de ce que leurs aînés ont construit avant eux.
C’est les Halles de Beaune, qu’ils ont louées, décorées, préparées. Le samedi 28 mars, de 18 h à 22 h, et le dimanche 29, de 10 h à 17 h, ils accueilleront le public.
Entrée douze euros, verre et porte-verre offerts. Derrière ces chiffres, il y a des mois de réunions, des mercredis après-midi sacrifiés, des soirs de semaine à courir après les fournisseurs, les sponsors, les autorisations.
Ils l’avouent sans détour : ils sont partis de zéro euro. Zéro budget.
Alors ils ont démarché des entreprises. Une vingtaine de sponsors, de 50 à 600 euros, ont permis de tout financer. Une aide exceptionnelle de la région Bourgogne–Côte-d’Or est venue compléter. Le reste, c’est eux.
La loi Evin, ils connaissent. Elle régit tout. Pas de verres qui trinquent, pas de bouteilles mises en avant, pas d’incitation à boire. Leurs affiches ont été vérifiées trois fois. Le samedi soir, à 22 h, tout le monde doit être parti. Des contrôles peuvent avoir lieu. Alors ils ont anticipé. Un pôle de sensibilisation sera installé sur place, avec des éthylotests et des affiches de la gendarmerie. Pour rappeler que déguster, c’est bien, reprendre le volant, c’est non.
Ce projet, ils le portent seuls. Un professeur supervise, mais ils sont les maîtres d’œuvre. Douze étudiants qui apprennent ce que personne ne peut enseigner sur un banc : la gestion d’un événement, la recherche de fonds, le respect des règles, la cohésion d’un groupe qui ne doit pas s’éparpiller.
Leur fierté se devine dans les réponses, mesurées, précises, appliquées. Ils savent que ce salon est leur carte de visite. Qu’il les prépare à ce qu’ils feront plus tard, dans les vignobles, les maisons de négoce, les cavistes. Pour l’instant, ils sont douze. Avec une date, un lieu, un public attendu, et la satisfaction de voir leur projet prendre forme.
Sous les Halles de Beaune, ce week-end, on verra le travail de ceux qui, demain, feront vivre les vignobles de Bourgogne. Et peut-être que, pour eux, ce sera le premier souvenir d’une longue carrière.
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