En 2025, la Saône-et-Loire a enregistré un triste record. 432 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi dans le département, soit près d’un quart des 2 010 dirigeants concernés par une cessation d’activité en Bourgogne–Franche-Comté. Derrière ce chiffre, le département devance même la Côte-d’Or, qui en compte 418, et confirme une tendance durable à la hausse : en 2024, ils étaient déjà 429.
Ces pertes ne sont pas une fatalité isolée. À l’échelle nationale, 61 459 dirigeants ont vu leur activité s’arrêter en 2025, un record historique selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs. Dans notre région, les secteurs les plus touchés sont ceux du commerce, de la construction et, dans une moindre mesure, de l’industrie. La plupart des entreprises concernées sont des micro-structures de moins de trois salariés, souvent à la tête d’un atelier, d’un magasin, d’un service de proximité.
À l’origine de ces fermetures, des difficultés économiques structurelles, parfois une liquidation judiciaire qui emporte tout sur son passage. Pour chaque chef d’entreprise qui jette l’éponge, c’est un foyer qui vacille, des salariés qui se retrouvent sur le carreau, une filière qui perd un maillon. C’est aussi un réseau professionnel qui s’effrite, un village qui voit son dernier commerce fermer, une zone d’activité qui se vide.
Les acteurs locaux, associations de chefs d’entreprise et organismes de financement, s’interrogent désormais sur les moyens de prévenir ces défaillances. Renforcer l’accompagnement préventif, mieux soutenir les repreneurs, offrir des filets plus solides à ceux qui se lancent : autant de pistes pour tenter d’inverser la courbe.
Car derrière les 432, il y a des histoires. Des artisans qui ont vu leur clientèle s’éroder, des commerçants pris en étau entre charges et concurrence, des entrepreneurs qui ont tout donné sans parvenir à redresser la barre. Ils ne sont pas des chiffres. Ils sont le tissu même de ce territoire.
Si la Saône-et-Loire veut continuer à vivre, à vibrer, à créer, elle doit apprendre à mieux protéger ceux qui osent entreprendre. Avant qu’ils ne deviennent, eux aussi, un chiffre de plus.
Sources : Observatoire de l’emploi des entrepreneurs, réalisé par l’association GSC (organisme de protection sociale des dirigeants) en partenariat avec la société d’études Altares, qui produit les chiffres nationaux et régionaux.