Alors que les crises s’accumulent, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de Saône-et-Loire tirent la sonnette d’alarme. Accords de libre-échange, taxation des engrais, flambée du carburant : pour les syndicats, l’agriculture est une nouvelle fois sacrifiée sur l’autel des compromis européens.

Le constat est posé sans détour. Pour les représentants du monde agricole de Saône-et-Loire, l’addition européenne devient insoutenable. Après le passage en force de l’accord avec le Mercosur, voilà qu’un nouveau traité de libre-échange avec l’Australie vient s’ajouter à la liste.
Des importations de bœuf (30 600 tonnes), de viande ovine (25 000 tonnes, dont seulement 27 % surgelés), de sucre (35 000 tonnes) et de riz (8 500 tonnes) bénéficieront de droits de douane réduits. Autant de productions françaises qui devront faire face à une concurrence étrangère ne respectant pas les mêmes normes.
À cela s’ajoute une décision européenne qui passe mal. Le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) devait être suspendu pour les engrais, dans un geste d’apaisement face à la crise agricole. La Commission européenne est revenue sur sa parole. Incompréhensible, dénoncent les syndicats, pour des agriculteurs déjà mobilisés depuis des mois.
Le troisième front est celui de l’énergie. La flambée des prix du carburant, amplifiée par les conflits internationaux, frappe de plein fouet des exploitations en pleine période de travaux. Impossible d’arrêter, impossible d’attendre une baisse hypothétique. Les producteurs réclament des réponses rapides et concrètes.
Derrière ces trois dossiers, une même conviction : l’agriculture ne peut être la variable d’ajustement permanente. Redonner aux agriculteurs la liberté d’entreprendre, disent-ils, est une condition de la souveraineté alimentaire. Ce qui est en cause, c’est la cohérence d’une politique qui exige toujours plus d’efforts environnementaux tout en organisant une concurrence déloyale.
Les syndicats formulent trois demandes précises : l’arrêt des concessions agricoles dans les accords de libre-échange, la suppression immédiate de la taxe MACF sur les engrais, et des mesures urgentes face à la flambée des coûts de l’énergie et des intrants.

Nous demandons : (Mâcon, le 25 mars 2026 )

• l’arrêt des concessions agricoles dans les accords de libre-échange,

• la suppression immédiate de la taxe MACF sur les engrais,

• des mesures urgentes face à la flambée des coûts de l’énergie et des intrants.
Christian Bajard, président de la FDSEA 71, et Maxime Bonnot, président des Jeunes Agriculteurs 71, portent ces revendications. Le message qu’ils adressent aux décideurs tient en une phrase : « Produire pour nourrir la population n’est pas une variable d’ajustement. C’est une mission essentielle. »