Il l’avait promis pendant la campagne. Il passe à l’acte. À peine installé dans le fauteuil de maire de Lons-le-Saunier, Cyrille Brero a décidé de suspendre, modifier ou annuler une série de projets lancés par son prédécesseur, Jean-Yves Ravier. Une dizaine de dossiers sont concernés. Tour d’horizon de ce grand coup de frein municipal.
Élu le 22 mars 2026 avec 51,95 % des voix à la tête de la liste « Une énergie nouvelle pour Lons ! », Cyrille Brero n’a pas attendu pour imprimer sa marque. Dès son installation, le nouveau maire et son équipe ont entamé la revue des dossiers en cours. Objectif affiché : rationaliser les dépenses et réorienter les priorités vers ce qu’il appelle des « investissements utiles ».
L’ancienne école Briand, premier symbole. Ce dossier a cristallisé les tensions de la campagne. L’ancienne majorité de Jean-Yves Ravier souhaitait y implanter un campus numérique universitaire après travaux. Cyrille Brero et son allié Jean-Philippe Huelin défendaient, eux, un projet de résidence intergénérationnelle. Résultat : le chantier est suspendu. Le désamiantage déjà engagé sera mené à son terme, mais la suite est stoppée. Le campus numérique, lui, pourrait être relocalisé dans l’ancien bâtiment de l’Inspé, que la Ville envisage de racheter au Département.
Le Parc des Bains. Annoncé depuis 2021, ce vaste chantier de requalification du parc Édouard-Guénon était estimé à 1,8 million d’euros et devait s’étaler sur dix ans. Abattage d’arbres malades, replantation massive, suppression du parking d’entrée, modernisation des toilettes, disparition des courts de tennis…
Le projet est intégralement revu. La nouvelle équipe planche sur un plan de gestion rationalisé, avec l’idée d’y intégrer un cani-parc.
La Tour de l’Horloge. Inscrite au budget 2026 pour 615 000 euros, sa requalification est gelée. Motif invoqué par le maire : « on ne sait pas vraiment quel était le projet ». Avant d’engager des travaux, Cyrille Brero veut définir précisément l’usage futur de ce lieu qu’il juge « stratégique ».
Les grilles de l’Hôtel-Dieu. Ce chantier de rénovation, estimé à 611 000 euros et soutenu par une collecte de dons de 100 000 euros via la Fondation du patrimoine, est mis en stand-by. Le maire refuse d’engager des frais sur des grilles classées monuments historiques tant que le bâtiment lui-même n’est pas mis hors d’eau et hors d’air, et que son avenir n’est pas tranché.
L’Hôtel de Balay. Un appel à projets avait été lancé par l’ancienne municipalité pour transformer ce bâtiment historique en galerie d’exposition, salle de spectacles ou restaurant. Un candidat aurait été retenu. Cyrille Brero suspend la procédure. Il veut d’abord vérifier la solidité du projet privé avant d’envisager, éventuellement, une réflexion à moyen terme pour en faire un objet culturel.
Le budget participatif. Les deux projets lauréats de la dernière édition un kiosque musical participatif et un terrain de volley extérieur sont-ils menacés ?
Le maire se montre prudent. « Où en sommes-nous du chiffrage, de la possibilité technique de réalisation ? », interroge-t-il. S’il dit croire à la démocratie participative, il la conçoit davantage « dans l’échange et le contact direct avec les habitants ».
Les locaux de la police municipale. Fraîchement installés avenue Camille-Prost, ces nouveaux locaux ont coûté 400 000 euros. Cyrille Brero les juge « trop excentrés du centre-ville ». Il laisse une période de test d’un an avant de trancher. L’idée d’un bureau annexe plus central n’est pas écartée.
La circulation apaisée. Le nouveau maire ne cache pas son scepticisme face à la généralisation des 30 km/h dans une large partie de la ville. Il souhaite revoir la copie sur les grands axes, comme la route de Besançon, tout en maintenant la piétonnisation estivale là où riverains et commerçants la demandent.
La végétalisation. Héritage marquant de l’ère Ravier, elle ne disparaît pas mais sera menée de manière « plus raisonnable et raisonnée ». Cyrille Brero annonce un travail de renaturation de la place de la Comédie et la création d’îlots de fraîcheur dans plusieurs quartiers. En revanche, aucune plantation supplémentaire ne sera effectuée sur la place de la Liberté.
L’ancienne caserne des pompiers. Alors que sa destruction a débuté, le projet de salle multifonction est abandonné. Place à un futur centre médical. Cette décision s’inscrit dans une réflexion plus large sur la pollution de l’actuelle maison médicale des Mouillères, un dossier judiciarisé qui pourrait durer des années.
Le nouveau maire l’assure : il ne s’agit pas de faire table rase du passé. Certains projets sont confirmés, comme l’extension de la résidence universitaire ou l’animation estivale « L’Été sera Lons ». La remise en eau des fontaines se poursuivra également, avec une priorité symbolique : la source Lédonia.
Reste à savoir comment ces suspensions seront accueillies par les Lédoniens. Une chose est sûre : la rupture est consommée.
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