À Louhans-Châteaurenaud, une cérémonie a honoré la mémoire des soldats tombés pendant la guerre d’Indochine, en présence d’un hommage particulier à Michel Martin, dernier combattant de l’arrondissement, décédé à 99 ans.
Lundi 8 juin, une cérémonie solennelle s’est tenue à Louhans-Châteaurenaud en hommage aux soldats tombés pendant la guerre d’Indochine. Devant les autorités civiles et militaires, un discours puissant a rappelé le sacrifice de ces hommes, et un hommage particulier a été rendu à Michel Martin, dernier combattant d’Indochine de l’arrondissement, décédé le 14 février dernier à l’âge de 99 ans.
La cérémonie était présidée par Mme Caroline Ageron, sous-préfète de Louhans-Châteaurenaud, en présence de M. Anthony Vadot, vice-président du conseil départemental, et de M. Frédéric Bouchet, maire de Louhans-Châteaurenaud.
Les autorités militaires étaient représentées par le chef d’escadron Michaël Pietrain, commandant de la compagnie de gendarmerie départementale de Louhans-Châteaurenaud, et du général Yves Conchaudron, président de la Société des membres de la Légion d’honneur de Louhans.
Dans son allocution, l’orateur a rappelé l’ampleur du sacrifice. Entre 1945 et 1954, 83 300 soldats sont morts pour la France en Indochine. Parmi eux, 12 000 légionnaires, plus de 15 000 soldats venus d’Afrique, et 27 000 soldats indochinois qui combattaient aux côtés de la France.
Le discours a évoqué une figure de courage, celle du lieutenant Paul Braunbrück. Refusant de détruire sa batterie d’artillerie devant l’avancée ennemie, il fit le choix d’allumer les tubes de ses quatre fusils à l’horizontale pour briser les vagues d’assaut, avant de mourir à l’âge de 27 ans.
Mme Caroline Ageron a également cité le médecin-capitaine Valérie André, première femme à poser son hélicoptère sous le feu ennemi pour évacuer des blessés, et Geneviève de Galard, qui refusa d’abandonner les blessés de Diên Biên Phu.
Il a rappelé une page d’histoire méconnue. À l’hiver 1953, le service du matériel démontait dix chars M24 pour les acheminer par les airs jusqu’à Vientiane et les reconstruire sur place, pièce par pièce. « C’était la ténacité française, créer contre l’impossible les moyens de résister. »
Au printemps 1954, plus de 4 000 hommes furent parachutés en renfort sur Diên Biên Phu. Parmi eux, près de 700 volontaires qui n’avaient jamais sauté. « Ils savaient ce qui les attendait, ils se jetèrent dans la fournaise. C’était cela, tout simplement, le courage. »
La mémoire des supplétifs et des soldats indochinois qui combattirent sous le drapeau français a également été honorée. « Aux familles, aux anciens combattants d’Indochine, aux partisans et supplétifs locaux qui servirent à nos côtés, à leurs descendants où qu’ils vivent aujourd’hui, la République dit sa reconnaissance et son respect. »
La cérémonie s’est achevée par le dépôt de gerbes de la municipalité, du conseil départemental et de la sous-préfecture.