36 °C annoncés : 

la Bresse face à un nouveau coup de chaud, et une question qui revient

Samedi, le mercure flirtera avec les 30 °C jusqu’aux rives de la Loire. Dimanche et lundi, le Sud-Ouest suffoquera sous 33 à 36 °C. Puis, mardi, la chaleur s’étendra vers le Nord-Est. La Saône-et-Loire, la Bresse, nos villages : tous seront dans l’étau. Ce n’est pas une canicule historique, pas encore. Mais c’est le deuxième épisode de fortes chaleurs avant même le solstice d’été. Et il pose une question de moins en moins théorique : jusqu’où peut-on encaisser sans changer de logique ?

L’air chaud qui remonte du Maghreb, poussé par des hautes pressions, a balayé le flux d’ouest qui nous rafraîchissait. En quelques jours, le thermomètre a bondi de dix degrés ou plus par endroits. La Rochelle, qui frissonnait sous 20 °C jeudi, attend 30 °C ce week-end. Dans le Languedoc, des pointes à 37 °C sont annoncées. Les nuits, elles, deviendront tropicales : pas moins de 20 °C entre le crépuscule et l’aube, sur une grande partie du pays.
 
 
 
 
Pour la Bresse, le vrai choc arrivera en milieu de semaine. Les maximales dépasseront les 30 °C, les sols déjà secs boiront la moindre goutte, et les agriculteurs scruteront le ciel en espérant un orage qui ne viendra peut-être pas.
 
 
 
 
 
 
 
Nous ne sommes plus en 2003. À l’époque, une canicule estivale était un événement. Aujourd’hui, elle est devenue un rendez-vous. En dix ans, Mathieu Gauthier, maraîcher à Sornay, a subi huit restrictions d’eau. Huit années où irriguer de jour était interdit, où il fallait programmer les arrosages la nuit, où certaines cultures ont brûlé sur pied. Ce nouveau coup de chaud, même modéré, rappelle que le climat n’est plus une variable lointaine : c’est un paramètre quotidien de l’agriculture, du commerce, de la santé publique.
 
 
 
Les serres blanchies à la chaux, le goutte-à-goutte, les paillages blancs pour réfléchir la lumière, les variétés plus résistantes : les maraîchers bressans s’adaptent. Mais chaque degré supplémentaire réduit la marge de manœuvre. Au-dessus de 32 °C, aucun légume ne pousse. Il survit. Il attend la nuit pour reprendre sa respiration. Pendant ce temps, les nappes phréatiques continuent de baisser, et les syndicats d’irrigation jonglent avec des arrêtés de plus en plus fréquents.
 
 
 
 
Le thermomètre va grimper. Les corps vont encaisser. Les cultures aussi. La question n’est plus de savoir si nous aurons chaud cette semaine. Elle est de savoir comment nous voulons habiter ce territoire dans dix ans, quand les étés commenceront en mai et finiront en octobre.