Congé de naissance :
un nouveau droit
À compter du 1er juillet 2026, tous les parents en activité auront droit à un congé supplémentaire de naissance. Un à deux mois, indemnisés, qui s’ajoutent aux congés maternité et paternité. Alors que la Saône-et-Loire voit sa natalité décliner et sa population vieillir, cette mesure peut-elle faire bouger les lignes ?
On fait le point.
Le dispositif est né dans la douleur, annoncé par Emmanuel Macron en janvier 2024, retardé par la dissolution et l’instabilité politique, finalement adopté dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 sous le gouvernement de Sébastien Lecornu. Il entre en vigueur mercredi prochain. Concrètement, chaque parent— salarié du privé, fonctionnaire, indépendant, artiste auteur, pourra bénéficier de un à deux mois supplémentaires, indemnisés à 70 % du salaire net le premier mois, 60 % le second, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € au 1er janvier 2026).
Le congé peut être pris simultanément ou en alternance par les deux parents, et il est fractionnable en deux périodes d’un mois non consécutives. Il doit être posé dans les 9 mois suivants la naissance. Pour les enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, le délai court à partir du 1er juillet, soit jusqu’au 31 mars 2027.
Pour en bénéficier, il faut justifier de 6 mois d’affiliation à la Sécurité sociale, et soit avoir travaillé 150 heures au cours des 3 mois précédents, soit avoir cotisé sur un salaire d’au moins 1 015 fois le SMIC horaire sur les 6 mois précédents. Le congé est un droit individuel, non transférable d’un parent à l’autre. Il ne se cumule pas avec les indemnités journalières maladie, maternité, paternité, allocations chômage ou le congé parental d’éducation (PreParE). Les décrets d’application ont été publiés au Journal officiel du 31 mai 2026.
L’UNSA a salué une avancée tout en jugeant la durée insuffisante. Le syndicat revendique 6 mois par parent à 70 % avec un plancher à 1 200 € par mois, et une attention particulière aux familles monoparentales. Des associations féministes ont regretté une indemnisation trop faible. La ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes, Aurore Bergé, a reconnu que cette réforme ne « tout résoudre » pas. L’Unaf a appelé à consolider le dispositif pour couvrir la première année de vie de l’enfant.
Et en Saône-et-Loire ? La question n’est pas abstraite. Le département compte 550 310 habitants, soit une baisse de 3 285 habitants depuis 2017, principalement due à un déficit naturel : il naît moins d’enfants qu’il ne meurt de personnes. La maternité de Mâcon a enregistré 1 162 naissances en 2025, contre 1 177 en 2024, et 1 595 en 2015. La Bourgogne–Franche-Comté a connu en 2024 22 500 naissances, un plus bas depuis 50 ans. La part des moins de 15 ans est passée de 16,9 % en 2011 à 15,6 % en 2022. Le territoire vieillit.
Pourtant, des communes résistent. Selon l’Insee, Mâcon, Charnay-lès-Mâcon, Chalon-sur-Saône, Tournus et Louhans voient leur population progresser. Des familles s’y installent, y font des enfants. Ce nouveau congé pourrait-il renforcer cette dynamique ? Les jeunes parents bressans pourront-ils en profiter ? La question se posera très vite. Les entreprises du département, majoritairement des TPE et PME, devront s’organiser pour remplacer les salariés absents, dans un délai de prévenance d’un mois. Un défi logistique, mais aussi un signal : la société s’adapte, ou tente de le faire, à l’urgence démographique.
Le congé supplémentaire de naissance n’est pas une baguette magique. Il ne suffira pas, à lui seul, à inverser la courbe des naissances. Mais il offre aux parents un temps précieux dans les premiers mois de vie de leur enfant, et aux enfants une présence renforcée. Dans une région où l’on aime les racines, ce n’est pas rien.