Canicule : le SIVOM adapte les horaires de ses déchetteries et fait le point sur ses projets
Avec les fortes chaleurs qui frappent la Bresse, le SIVOM a pris la décision de modifier les horaires de ses déchetteries. Stéphane Gros, président du syndicat qui couvre 47 communes et 40 000 habitants, et Aurélie Buttigieg, membre du bureau en charge de la communication, ont reçu Info Bresse dans leurs bureaux, au 35 rue de la Quemine à Branges. Ils étaient accompagnés de M. Jouhanneaud et de Mme Ourdanabia. Ils nous ont confirmé la fermeture des déchetteries les après-midis, une mesure qui répondait aux signalements que nous avions reçus.
La chaleur, déclencheur d’une prise de conscience
Quand Info Bresse a contacté le SIVOM, la vague de chaleur frappait la Bresse depuis plusieurs jours. Une lectrice s’en était émue. Le syndicat n’a pas tardé à réagir.
Pour les rippeurs, ceux qui collectent les ordures ménagères chaque semaine, la décision de les faire commencer plus tôt a été immédiate. Ils sont salariés directement du SIVOM, sans intermédiaire. « Entre le moment où on a décidé et l’application, deux heures », explique Stéphane Gros.
Pour les sept déchetteries du territoire, c’est une autre histoire. Les agents qui y travaillent ne sont pas des employés du SIVOM, mais d’une société privée à qui le syndicat délègue la gestion. Ce montage a une conséquence directe : la réactivité n’est pas la même. « Lorsqu’on prend une décision pour les déchetteries, c’est une suggestion de notre part. Si la direction dit c’est une bonne idée, on y va. Mais il y a un intermédiaire qui fait forcément prendre du temps supplémentaire. »
Pourquoi ce délai ?
Stéphane Gros l’explique avec franchise. D’abord, il fallait convaincre la société délégataire. Ensuite, la loi impose un cadre strict. « On doit remplir une mission de service public. Ne pas ramasser les ordures ménagère pendant un laps de temps trop important peut être puni par la loi. On a une loi en France qui impose un ramassage maximum entre dix et quinze jours. » Le risque juridique était faible, mais il existait. Enfin, il fallait anticiper la réaction des usagers. « Dans nos petits villages, les gens trient leur remorque le week-end et ils vont à la déchetterie à ce moment-là. Si du jour au lendemain j’avais décidé de fermer, ça aurait été curieux pour eux. »
La décision de fermer les après midis a donc été prise, mais elle a demandé trois jours. « J’ai mis plus de temps, et j’en suis responsable. C’est ma décision au départ de prendre le temps d’analyser », assume le président, qui insiste sur la dimension collégiale de la décision, prise en concertation avec les agents de direction.
Un modèle à deux vitesses, et un vœu pour l’avenir
Cette différence de traitement entre les rippeurs et les déchetteries, Stéphane Gros la vit comme une limite du système actuel. Il le dit sans détour : « L’idéal serait d’avoir nos propres employés, formés en interne, gérés en interne, payés en interne aussi. Ça se fait ailleurs, il n’y a pas de raison que ça ne se fasse pas ici. » Il cite l’exemple du Grand Chalon, qui a déjà du personnel en régie directe pour ses déchetteries.
Pour l’instant, c’est un vœu. Mais la question est posée, surtout après l’épisode caniculaire qui a mis en lumière les limites du système actuel.
30% de déchets en trop : le casse-tête des frontières invisibles
Un autre sujet a occupé une bonne partie de l’entretien : les déchets venus d’ailleurs. Aujourd’hui, les déchetteries du SIVOM ne sont pas équipées de barrières ou de lecteurs de plaques d’immatriculation. Les habitants du territoire peuvent venir autant de fois qu’ils le souhaitent, sans justificatif.
Problème : des territoires voisins ont déjà installé des barrières et des badges d’accès. Mais tout le monde n’a pas encore reçu son badge. Résultat : leurs usagers se reportent sur les déchetteries du SIVOM, où l’accès est libre. « On a trente pour cent de déchets en plus venant sans doute de ces territoires-là », alerte Stéphane Gros. « Ce n’est pas tout à fait logique. Il n’y a pas de conditions qui feraient qu’il y ait trente pour cent de plus. » Et d’ajouter : « C’est nous qui payons. »
La solution est sur la table. « Un des sujets de SIVOM qui va être porté assez vite, c’est l’installation de barrières et de détection. Sous quelle forme, on en discutera. Mais il faudra de toute façon un contrôle. » Une course contre la montre est engagée, car chaque jour qui passe alourdit la facture pour les contribuables du syndicat.
Un million d’euros sur la table, dont un camion à 400 000 euros
Ces projets de modernisation s’inscrivent dans un plan d’investissement plus vaste. Le SIVOM a annoncé un million d’euros d’investissements pour 2026. Une enveloppe qui ne concerne pas uniquement les déchetteries, puisque le syndicat a aussi la compétence assainissement (contrôle des fosses septiques, vidanges).
Dans cette enveloppe, quatre cent mille euros sont fléchés pour l’acquisition d’un camion spécialisé dans l’assainissement , un équipement lourd que le syndicat ne peut pas acheter seul. Le reste servira à la sécurisation des sites et, très probablement, aux futures barrières de contrôle d’accès.
Le tri, une affaire de spécialistes et de pédagogie
L’entretien a aussi permis d’entrer dans le détail du tri des déchets, un sujet technique mais crucial. La question de la formation des gardiens a été au cœur des échanges. « Ils sont formés par l’entreprise avec des recommandations qui nous appartiennent aussi. Normalement, dans un monde idéal, les agents doivent être formés. Mais parfois, ce n’est pas toujours le cas », reconnaît Stéphane Gros. La difficulté est réelle, et elle augmente avec la complexité des produits. « Un meuble aujourd’hui qui est formé de plusieurs matières, du verre dedans, du métal, du bois. Pour un seul meuble, où est-ce qu’il va ? Parfois, les gens ne s’y retrouvent plus. »
La question de la certification ÉcoDDS, qui concerne les déchets , a également été abordée. Les bombes aérosols pour le corps ne suivent pas la même filière que les insecticides, qui vont dans la filière phytosanitaire. « Le public n’est pas au courant », a rappelé Info Bresse. Le président a confirmé que ces produits sont pris en charge par les gardiens, qui les placent dans un local spécifique. « L’usager arrive avec ses produits, les donne au gardien. L’usager ne rentre pas dans le local. C’est le gardien qui récupère ça et qui, lui, est habilité et formé. »
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Peintures et vernis (liquides, solvants, aérosols)
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Solvants et diluants (white spirit, acétone…)
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Produits corrosifs (acides, bases, déboucheurs)
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Produits de jardinage dangereux (engrais chimiques, pesticides)
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Produits d’entretien dangereux (dégraissants, nettoyants concentrés)
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Produits auto dangereux (liquide de frein, liquide de refroidissement)
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Aérosols dangereux (inflammables, toxiques)
Mais la vigilance doit être constante. « Il y a deux tris qui se font avec une vérification avant que les produits partent », précise Aurélie Buttigieg.
Face à ces enjeux, le SIVOM réfléchit à renforcer sa communication. « On a des efforts à faire en pédagogie, en information beaucoup plus fluide, plus simple, plus lisible », reconnaît Stéphane Gros. Des portes ouvertes avec des exemples de déchets sont envisagées, ainsi qu’une communication sur les réseaux sociaux basée sur les questions récurrentes des usagers. Où est-ce qu’on met la plaquette de médicaments ? Le thermomètre au mercure ? Le syndicat souhaite s’appuyer sur la remontée des questions du terrain pour toucher un plus large public.
Le SIVOM est à un moment charnière. Entre la pression climatique, la nécessité de moderniser ses équipements, et la volonté de reprendre la main sur la gestion de ses déchetteries, les chantiers sont nombreux. Le million d’euros d’investissement annoncé montre que les élus ont pris la mesure des enjeux. Reste à transformer l’essai, et à faire de la pédagogie un outil de gestion à part entière.
Photo : De gauche à droite : Mickaël Jouhanneaud, responsable du Service Public d’Assainissement Non Collectif (SPANC) au SIVOM du Louhannais ; Audrey Ourdanabia, directrice du SIVOM du Louhannais ; Stéphane Gros, président du SIVOM du Louhannais ; Auréline Buttigieg, vice présidente du SIVOM.