Bus scolaires :

600 000 euros par an, des sièges vides, et un choix impossible pour les élus

 

e chiffre donne le vertige. Chaque année, la communauté de communes Bresse Louhannaise Intercom dépense 600 000 euros pour transporter les enfants du primaire. Sur la durée du marché, la facture dépasse les 2,5 millions d’euros. Et pourtant, les bus se vident. De moins en moins d’élèves, de plus en plus de voitures individuelles. Réunis en conseil communautaire le 10 juin dernier à Vincelles, les élus ont voté à l’unanimité le renouvellement du service.

Mais le débat a révélé un malaise profond, et une question qui n’a pas trouvé de réponse : jusqu’à quand maintient-on un service public que les familles délaissent ?​La séance a débuté par l’appel nominal et la désignation du secrétaire de séance.

L’ordre du jour, comprenant vingt-trois délibérations et des questions diverses sur l’ombrage dans les écoles, a été entériné. Le maire Frédéric Bouchet a ensuite présenté les décisions prises dans le cadre des délégations accordées par le conseil, sans susciter de questions.

 
Le constat est posé par les élus eux-mêmes. À Saint-Vincent-en-Bresse, on s’était battu il y a six ans pour obtenir des bus. Aujourd’hui, les parents préfèrent prendre leur voiture. Les chiffres de fréquentation sont en baisse constante, alors que les coûts, eux, grimpent. Le transport scolaire est entièrement gratuit pour les familles. C’est la communauté de communes qui en assume la charge, surveillance à bord comprise, assurée par des agents communautaires.
 
La Région Bourgogne-Franche-Comté, responsable des transports scolaires depuis la loi NOTRe de 2015, a demandé une nouvelle délégation de compétences. C’est le septième avenant accepté par les élus de Bresse Louhannaise Intercom. Le président, Anthony Vadot, ne cache pas son embarras. D’un côté, des élus qui réclament le maintien du service, parfois pour sauver une école menacée de fermeture. De l’autre, une réalité budgétaire qui rend chaque année l’équation plus difficile. Certains ont proposé de rendre le transport payant, d’autres de le rendre obligatoire. Aucune solution n’a fait consensus.
 
Frédéric Bouchet, maire de Louhans-Châteaurenaud, a rappelé un paradoxe bien connu des élus ruraux : les habitants demandent des transports en commun, mais les bus ne sont pas remplis. La voiture reste majoritaire. Le président de BLI a lui-même résumé l’impasse : on demande l’impossible aux élus, et ils le font.
 
Le cadre juridique est pourtant clair. L’article L3111-7 du Code des transports confie à la Région la responsabilité de l’organisation et du fonctionnement des transports scolaires. Chaque jour, ce sont plus de 120 000 élèves qui sont transportés en Bourgogne-Franche-Comté. Mais dans les faits, ce sont les intercommunalités qui assurent la mise en œuvre, avec des moyens qui ne suivent pas toujours.
 
Le vote unanime du conseil communautaire ne doit pas masquer l’incertitude. Anthony Vadot pressent un statu quo de la Région jusqu’aux prochaines élections, dans deux ans. D’ici là, les bus continueront de rouler, les enfants d’y monter, et les élus de payer. En espérant que la tendance s’inverse. Ou que quelqu’un, quelque part, trouve une solution qui n’oblige pas à choisir entre l’équilibre budgétaire et le service public.
 
 
 
 
 
Peut être une image de tramway et texte qui dit ’mobiGo Bourgogne Bourgogne-Franche-Comte emméne-moi là oú je veux’