Le premier affrontement a cristallisé l’opposition sur la culture et le patrimoine. Étienne Clerc a ouvert les hostilités en dénonçant les projets qualifiés de chimériques de la majorité sortante, ciblant particulièrement l’idée de déplacer le kiosque centenaire de la ville vers les jardins de l’Hôtel-Dieu. Le candidat du Rassemblement National a brandi le plan cadastral et les règles des Architectes des Bâtiments de France pour fustiger une aberration culturelle et financière. La réplique de Frédéric Bouchet fut cinglante. Le maire sortant a défendu la cohérence de son projet, arguant que le bâtiment actuel des années 70 devait de toute façon être démoli après le transfert de l’Ehpad, et que replacer le kiosque restauré au centre de ces jardins majestueux tenait de l’évidence historique.
Mais c’est sur la question des zones inondables que le ton est véritablement monté. Guillaume Badet a défendu avec pugnacité son projet phare : la construction d’une scène culturelle sur le site de l’ancien abattoir d’ici 2030, couplée à la refonte de l’actuel « hangar aux girafes » en une halle digne de ce nom sur la place de la Charité. Frédéric Bouchet a immédiatement sorti la carte technique, brandissant le Plan de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI). Selon l’édile, construire un Établissement Recevant du Public (ERP) de 900 places en zone bleue est une interdiction stricte de l’État. L’accusation de mensonge ou d’incompétence a fusé. Guillaume Badet ne s’est pas démonté, accusant le maire d’agiter le chiffon rouge de la peur et lui rappelant que des villes comme Tournus, Chalon ou Mâcon se développent parfaitement malgré des contraintes fluviales identiques. Le dialogue de sourds s’est installé, ponctué d’interruptions et de recadrages agacés.
Le financement du cinéma Claude Lelouch a jeté un autre froid sur le plateau. Face au projet de rénovation chiffré à 2,8 millions d’euros hors taxes par la majorité, Étienne Clerc a dénoncé une irresponsabilité financière, plaidant pour une délégation au secteur privé afin de protéger l’argent des Louhannais. Guillaume Badet a renchéri, prédisant une explosion de la facture au-delà des 4 millions d’euros avec l’inflation, rappelant au passage les surcoûts passés de la passerelle et de la médiathèque. Imperturbable, Frédéric Bouchet a assumé son ambition : offrir aux habitants un équipement culturel de premier plan en allant traquer les subventions environnementales les plus exigeantes, refusant de faire des Louhannais des spectateurs de seconde zone.
La santé a offert l’ultime terrain d’affrontement. Si tous s’accordent sur l’urgence de lutter contre la désertification médicale, les méthodes divergent. Étienne Clerc propose un centre municipal de santé basé sur les infirmières en pratique avancée pour soulager les médecins. Guillaume Badet plaide pour une stratégie d’attractivité globale du territoire, accusant l’immobilisme actuel de faire disparaître Louhans des radars nationaux. Frédéric Bouchet, lui, revendique son bilan, rappelant l’installation de douze médecins au centre départemental grâce au travail conjoint avec le département, et annonce travailler sur l’arrivée de nouveaux équipements lourds comme l’IRM. À l’issue de cette heure de joute radiophonique, les auditeurs ont pu mesurer l’ampleur des visions qui s’opposent. Dimanche, il ne s’agira pas seulement de choisir un maire, mais de choisir quel visage Louhans-Châteaurenaud devra montrer pour les six prochaines années.