Depuis le 20 mars, les règles pour donner son sang ont changé. Pas une révolution, mais des ajustements qui comptent pour ceux qui se présentent aux collectes. La liste des situations qui peuvent entraîner une exclusion temporaire a été revue, les délais après certains gestes médicaux ou comportements raccourcis. Des personnes qui ne pouvaient pas donner hier peuvent peut-être donner aujourd’hui.
C’est une évolution dans la continuité. En 2022, on avait supprimé les questions sur l’orientation sexuelle. En 2025, on avait réduit les délais après tatouage ou piercing. Ce mouvement d’ajustement progressif se poursuit, avec pour objectif d’élargir le vivier de donneurs sans rien sacrifier à la sécurité des receveurs.
Pour les amicales de donneurs, ces modifications ne sont pas une abstraction. Elles changent les entretiens pré-don, les réponses à donner aux volontaires, les affiches à mettre à jour. Dans les collectes organisées dans les villages, les bénévoles doivent
expliquer ces nouvelles règles, rassurer, convaincre.
La France a besoin de 10 000 dons par jour. Dix mille poches pour les opérations, les accidents, les traitements. Dix mille poches qui remplissent les frigos des hôpitaux sans que personne n’y pense, jusqu’au jour où elles manquent. Chaque candidat qui revient, chaque délai qui raccourcit, c’est une contribution à cet équilibre fragile.
Le 20 mars, c’est une date. Elle ne fait pas les gros titres. Mais dans les collectes de demain, dans les bras qui se tendent, elle aura peut-être fait la différence.