centre hospitalier William Morey.

Les après-midis d’hôpital avancent dans un calme vivant, fait de pas, de portes et de roulements de chariots. Ce temps qui s’étire, l’odeur aseptisée des couloirs, la blancheur clinique des murs du centre hospitalier William Morey.
Pour ceux qui y séjournent, la ville semble parfois très lointaine, presque irréelle. Mais ce samedi 21 février 2026, à 14 h 30 précises, une brèche va s’ouvrir dans cette bulle stérile. Une simple pression sur la télécommande, canal 5, rubrique « Divertissement », et soudain, la chambre ne sera plus un lieu de soin, mais une loge d’honneur.
 
Le Carnaband’s Show, ce monstre sacré du folklore chalonnais, ne se contentera pas de faire trembler les pavés du centre-ville. Grâce à un câble invisible tiré par le Comité des fêtes et le Rotary Club Chalon Saint-Vincent, la fête va s’inviter en direct au pied du lit des patients et des résidents de l’EHPAD. C’est une prouesse technique, certes, mais c’est avant tout un acte de résistance contre l’isolement. Pendant que les fanfares défilent dehors, les rythmes endiablés et les costumes chatoyants viendront briser la monotonie du protocole médical.

 

L’initiative rappelle une vérité essentielle que la médecine seule ne peut pas traiter : le besoin d’appartenance. Pour un patient immobilisé, voir sa ville en fête, entendre la clameur, sentir la vibration des cuivres, c’est se rappeler que la vie continue, vibrante, tout près. C’est refuser, le temps d’un après-midi, d’être réduit à sa pathologie pour redevenir un spectateur, un citoyen, un Chalonnais parmi les autres.
 
Ce dispositif gratuit est une médecine qui ne se prescrit pas sur ordonnance, mais dont les effets sur le moral sont immédiats. Quand la culture pousse les portes de l’hôpital, elle apporte bien plus que des images : elle apporte de la lumière. Ce samedi, la joie ne sera pas seulement dans la rue. Elle résonnera aussi dans les étages, rappelant que le Carnaval n’est réussi que lorsqu’il n’oublie personne en chemin.