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Agriculture sacrifiée, industrie suicidée, démocratie bloquée. Éric Michoux ne fait pas de vœux, il dresse un constat de décès.

De la fermeture de la DDT aux aberrations de la voiture électrique, le député démonte la mécanique d’un État qui travaille contre ses propres intérêts. Voici le dossier noir de la rentrée.

L’exercice des vœux politiques est souvent un ballet convenu de promesses et d’optimisme de façade. Ce lundi 12 janvier 2026 au matin, face à la presse, Éric Michoux a choisi une autre voie : celle de l’autopsie.
Le député de la Bresse n’a pas cherché à arrondir les angles. Il a posé sur la table le bilan clinique d’un pays dirigé par des ombres et bloqué par ses propres institutions. Son propos liminaire, loin
d’être une simple formalité avant la réunion publique de Bouhans, s’est transformé en un réquisitoire implacable sur l’état réel de la France en ce début 2026.
Le Budget de l’impuissance et l’armée mexicaine Le premier coup de scalpel concerne le nerf de la guerre : l’argent public. Le député décrit le Projet de Loi de Finances (PLF) non pas comme un outil de redressement, mais comme un aveu d’échec idéologique. Pour lui, ce budget, porté par un « Monsieur Lecornu numéro 2 » qui ne fait que copier la copie de François Bayrou, est un budget socialiste qui ne dit pas son nom.
C’est un texte orphelin, dont personne ne veut. La gauche le trouve trop timide sur les taxes, la droite le juge incapable de s’attaquer au vrai problème : la structure même de l’État.
Éric Michoux appuie là où ça fait mal avec un chiffre précis, vérifiable, qui résume à lui seul la dérive française : entre 1996 et aujourd’hui, l’administration locale a enflé de 400 000 salariés
supplémentaires. Ce n’est pas une paille. Cette explosion des effectifs, concomitante avec le développement des intercommunalités, pèse des dizaines de milliards sur les comptes publics sans que le service rendu aux habitants ne se soit amélioré d’autant.
Face à un déficit qui file vers les 5,6 %, le « centre » politique (ce magma indistinct allant d’une partie du PS aux LR en passant par la macronie) n’a plus qu’une seule boussole : la survie. Pour le député
bressan, ces élus ne votent plus pour la France, ils votent pour « sauver leur peau » et celle du « soldat Macron », terrorisés à l’idée d’une dissolution qui les balaierait.

Cendrillon à l’Assemblée : L’affaire du mariage interdit.

Pour illustrer cette impuissance législative, Eric Michoux raconte une anecdote qui dépasse la fiction. Elle concerne sa proposition de loi sur l’interdiction du mariage pour les personnes sous
OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français). Le sujet est grave, ancré dans le réel, inspiré par un cas concret survenu à Montpont-en-Bresse, où un clandestin a pu épouser une résidente juste avant son expulsion.
Le récit de cette journée parlementaire est celui d’un naufrage. Le député décrit le mécanisme de la « niche parlementaire » comme un conte de Cendrillon : à minuit pile, le carrosse redevient citrouille, tout s’arrête.
Alors que l’article principal de sa loi avait été voté vers 14 heures, validant le principe de l’interdiction, la machine s’est grippée. Non pas par un débat démocratique, mais par une obstruction délirante. Monsieur le député, Michoux décrit des députés d’opposition récitant des poèmes dans l’hémicycle pour tuer le temps, sous le regard passif de la présidence. Il dénonce l’absence coupable des députés LR, théoriquement favorables au texte mais physiquement absents pour le voter.
Le résultat est là : une loi de bon sens, qui visait simplement à dire qu’on ne peut pas bénéficier du droit civil quand on viole la loi sur le séjour, a été enterrée sous des vers de poésie et des amendements fantoches.

Le poulet à l’eau de Javel et la honte du Mercosur

Le troisième volet de cette première partie d’analyse touche à la chair même de la Bresse :
l’agriculture. Éric Michoux ne prend pas de gants. Il met en lumière le scandale sanitaire et économique des importations, avec l’exemple frappant du “poulet ukrainien”. Ce n’est pas une
métaphore. Il parle de volailles importées par conteneurs, vendues à moins de 2 euros le kilo, parfois “trempées dans l’eau de Javel” et bourrées d’antibiotiques. Ces produits, qui représentent
désormais près de 60 % de la consommation française (une hausse de 30 % en dix ans !), sont une concurrence déloyale mortelle pour le poulet de Bresse, fleuron de notre terroir. L’ironie est
mordante : au Brésil, ces poulets sont tellement chargés en médicaments qu’on les utilise pour soigner les gens.
Cette destruction programmée de notre souveraineté alimentaire trouve son point d’orgue avec l’accord du Mercosur. La France, qui a tenté de s’y opposer, se retrouve piégée. Le Président Emmanuel MACRON avait promis de bloquer l’accord. Il a échoué. Le vote à la majorité qualifiée a eu raison du veto français.
Pour notre député , citant Churchill, la France aura “la honte et la guerre” : la honte d’avoir été isolée diplomatiquement, et la guerre économique perdue pour ses paysans. On nous promet des gains sur l’exportation de vins ou de services, mais à quel prix ?
Celui de sacrifier une agriculture qui possède “les plus belles terres du monde” mais qui abrite “les paysans les plus malheureux du monde.

De la voiture électrique à la mairie fantôme : Le réquisitoire du bon sens

Si l’agriculture est le cœur de la Bresse, l’industrie en est la colonne vertébrale, et pour Éric Michoux, cette colonne est en train d’être brisée par un dogmatisme technocratique. Le député
s’attaque frontalement au “Green Deal” et à l’échéance de 2035 pour la fin des moteurs thermiques, qualifiant la situation d’ubuesque. Il dénonce une confusion volontaire entre “neutralité carbone” et “neutralité technologique”. Si la voiture électrique n’a pas de pot d’échappement, elle n’est pas propre pour autant.
La pollution a simplement été déplacée, exportée vers les mines de terres rares ou les usines de batteries gourmandes en PFAS, souvent dans des conditions sociales désastreuses à l’autre bout du monde.
Plus vicieux encore, le poids de ces nouveaux véhicules génère une pollution aux microparticules de pneus qui envahit désormais les villes.
Le constat économique est celui d’un sabordage. La France, nation qui a inventé l’automobile, est en train de mourir de sa propre invention en imposant une technologie qu’elle ne maîtrise pas, ouvrant grand la porte aux constructeurs chinois.
Les chiffres donnés par l’élu sont vertigineux : de 3,6 millions de voitures produites en 1996, la France est tombée à 1,3 million. Elle ne pèse plus que 2 % de la production mondiale. Ce n’est pas seulement la fin des usines d’assemblage, c’est la mort par ricochet de toute la sous-traitance : sidérurgie, robotique, plasturgie. Monsieur Michoux cite l’exemple concret, presque voisin, d’une entreprise de moules à Oyonnax, qui a perdu 75 % de son chiffre d’affaires automobile et ne peut même plus survivre sur ses marchés annexes comme l’électroménager.
Au-delà de la casse industrielle, le député soulève une “question naïve” que personne à Bercy ne semble vouloir entendre : qui va payer quand il n’y aura plus d’essnce ?
La taxe sur les carburants rapporte entre 50 et 70 milliards d’euros par an à l’État. Si demain tout le monde roule à l’électrique, ce trésor de guerre disparaîtra. La réponse est cynique mais prévisible : on finira par surtaxer l’électricité ou par inventer, comme en Angleterre, une taxe au kilomètre parcouru grâce à des
mouchards électroniques. C’est l’impasse fiscale d’une transition mal pensée.
Peut être une image de texte
L’école et la mairie : redonner le pouvoir au terrain
Loin de la macro-économie, Éric Michoux revient sur le quotidien des maires avec une proposition de loi concrète sur la “carte scolaire“.
Le système actuel, qui révise les ouvertures et fermetures de classes chaque année, est une machine à précariser la ruralité. Comment un jeune couple peut-il s’installer dans un village si l’épée de Damoclès de la fermeture plane tous les ans ?
Le député propose un moratoire, une visibilité de trois ans. C’est le temps nécessaire pour construire une vie, pour stabiliser des effectifs et arrêter de gérer l’aménagement du territoire avec une calculette à court terme.
Cette défense de l’école rurale s’accompagne d’une nostalgie assumée pour l’époque où le maire était le véritable patron de sa commune. Le transfert massif des compétences vers les intercommunalités et les grandes régions est décrit comme une erreur historique majeure. La promesse initiale faire des économies d’échelle s’est révélée être un mensonge.
Les coûts ont explosé, une deuxième strate administrative s’est empilée sur la première, et surtout, le centre de décision s’est éloigné.
Le maire, qui était à “portée de sourire” (ou d’engueulade) de ses administrés, a perdu ses leviers d’action tout en gardant la responsabilité des ennuis. Il est devenu le guichetier d’une
technostructure qui met trois ans à sortir un permis de construire.

2026 et au-delà : La clarification politique

En conclusion, le député dessine les lignes de force pour les scrutins à venir. Face à un “magma” central qui va de la gauche molle à la droite macroniste, et qui ne tient que par la peur de l’élection, il appelle de ses vœux une union décomplexée des droites.
Pour lui, les frontières entre le RPR d’hier et le RN ou l’UDR d’aujourd’hui sont devenues poreuses, presque invisibles sur les sujets régaliens et économiques. Il ne croit pas à une dissolution immédiate personne au centre n’a envie de se faire hara-kiri ni à une démission d’Emmanuel Macron, qu’il soupçonne de déjà calculer un retour pour 2032.
Mais pour les municipales comme pour la suite, sa boussole est fixée :
l’alliance pragmatique de ceux qui veulent restaurer l’autorité, le travail et la souveraineté, contre ceux qui gèrent le déclin en attendant 2027.
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