Les petits cylindres argentés qui jonchent les caniveaux au lendemain des fêtes ne sont désormais des pièces à conviction. Dans le Jura, la préfecture vient de siffler la fin d’une récréation toxique qui prenait des allures d’épidémie silencieuse. L’arrêté signé début décembre est un verrouillage administratif strict qui s’étend jusqu’au 31 mars 2026.
De Sellières aux places de Lons-le-Saunier, le message est clair : le protoxyde d’azote, ce “gaz hilarant” détourné de la cuisine pour gonfler des ballons de baudruche, est désormais banni de l’espace public.
L’ivresse a changé de visage.
Ce qui était perçu par une partie de la jeunesse comme un amusement inoffensif est aujourd’hui traité pour ce qu’il est : un fléau sanitaire. En interdisant non seulement la consommation, mais aussi le transport et la détention de ces cartouches dans la rue, l’État tente de couper les vivres à une pratique dont la facture médicale commence à être lourde. Troubles neurologiques, risques cardiaques, atteintes à la moelle épinière : le prix de l’euphorie éphémère se paie en années de rééducation.
Cette décision jurassienne, qui s’aligne sur celle du Doubs voisin, dessine une nouvelle frontière dans la protection de la jeunesse. En verbalisant la détention de ce gaz hors d’un usage professionnel, l’autorité publique ne joue pas les rabat-joie, elle joue les garde-fous. Elle rappelle brutalement que lorsque la fête se termine aux urgences, ce n’est plus de la liberté, c’est de la mise en danger.
Arrêté préfectoral émis par le préfet du Jura, portant le numéro CAB-BSIPA-20251209-001.
Période d’application :
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Du 12 décembre 2025 au 31 mars 2026 inclus.
