C’est une scène qui bouscule les codes habituels du gymnase. Dehors, l’hiver 2026 gèle les terrains de Saône-et-Loire ; dedans, à Montceau-les-Mines, une lumière artificielle danse sur les murs. On entend le crissement des baskets, les rires, mais aussi des bips électroniques dignes d’une salle d’arcade. Pour ce stage départemental d’athlétisme, le Comité Départemental Olympique et Sportif (CDOS 71) a sorti sa nouvelle arme secrète : un mur interactif. L’objet fascine. Il transforme une paroi inerte en tablette tactile géante où le doigt est remplacé par le ballon, le geste sportif ou la course effrénée.

L’innovation dépasse le simple gadget visuel. Ce dispositif, fruit d’une alliance entre le Département, Harmonie Mutuelle et l’ACEF, répond à une problématique vieille comme l’éducation sportive : comment intéresser des adolescents à la nutrition sans les assommer de théorie ? La réponse se projette désormais au mur. Le jeune athlète ne s’assoit plus pour écouter un cours sur l’hydratation. Il doit viser, sauter, toucher la bonne réponse projetée pour gagner des points. Le savoir passe par le muscle. Comprendre l’impact d’un repas équilibré ou la prévention des blessures devient un réflexe, au même titre qu’un départ de sprint.

Cette « gamification » de la santé marque un tournant pédagogique. Là où l’entraîneur classique utilisait le sifflet et le chronomètre, le CDOS 71 utilise désormais les codes de la génération alpha : l’immersion, l’immédiateté, le feedback visuel. Le mur capte les mouvements, valide les réflexes, et sournoisement, ancre des connaissances vitales sur la récupération et l’alimentation. L’outil, testé ici pour sa deuxième sortie officielle, prouve que l’on peut combattre la sédentarité avec les armes du numérique.

L’initiative s’inscrit dans une vision plus large, celle d’un écosystème sportif en Saône-et-Loire qui refuse de vieillir. Entre les « Classes Olympiques » labellisées à Louhans et ces stages 2.0 à Montceau, le territoire cherche à former des pratiquants éclairés, capables de comprendre leur corps autant que de l’utiliser. Le pari est audacieux : réconcilier l’écran et l’effort, faire du pixel un allié de la transpiration. Pour ces jeunes athlètes, la leçon de diététique n’est plus une corvée, c’est devenu le meilleur score à battre.