Le débat des municipales à Louhans-Châteaurenaud vient de quitter le terrain des invectives pour s’élever sur celui du patrimoine. Gilles Bader, juriste et historien local, sort du silence pour contester l’un des projets phares de la majorité sortante : le transfert du kiosque à musique dans les jardins de l’Hôtel-Dieu. Colistier d’Étienne Clerc, il ne porte pas ici une attaque politicienne, mais une critique culturelle argumentée.
Pour lui, ce déménagement relève d’une « incohérence patrimoniale totale ».
L’argumentaire repose sur une lecture rigoureuse de l’histoire de notre cité. Gilles Bader rappelle une distinction fondamentale que l’urbanisme moderne a tendance à gommer. L’Hôtel-Dieu est, par essence, un sanctuaire. C’est une institution religieuse vouée à la charité, au silence et au soin des indigents. Le kiosque à musique, lui, est un enfant de la fin du XIXe siècle, symbole de la fête républicaine, des fanfares et de l’art de vivre en plein air. Vouloir installer le second dans l’écrin du premier revient, selon ses mots, à « marier la carpe et le lapin ».
Cette confusion des genres trahit, selon l’historien, une méconnaissance de l’âme des lieux. Il dénonce une transformation de l’Hôtel-Dieu en simple décor de théâtre, citant les « mascarades d’Halloween » comme exemple de cette perte de sens.
Face à ce qu’il considère comme une faute de goût, Gilles Bader propose une alternative : sanctuariser l’Hôtel-Dieu pour en faire un pôle muséal d’envergure nationale. Son projet vise à utiliser les étages pour exposer la nacre et l’art sacré, rendant ainsi au monument sa vocation spirituelle et mémorielle.
La bataille pour la mairie de Louhans-Châteaurenaud est aussi, désormais, une bataille pour l’identité de la ville.
