Une violence sourde se prépare dans l’ombre des étables de Saône-et-Loire. Les trayeuses tournent à l’aube, le travail s’accomplit, le contrat est rempli. Les producteurs ont répondu présents quand on leur intimait de produire davantage pour sécuriser l’approvisionnement et garantir des produits de qualité dans nos magasins. Ils ont joué le jeu. Et pour les remercier de cet effort, les marchés annoncent aujourd’hui que leur salaire va fondre dans les prochains mois.
Le cri d’alarme vient de résonner ce 25 février, lancé depuis Mâcon par la profession agricole.
Les acheteurs de la filière invoquent soudainement une « surabondance mondiale » et des tensions sur les marchés internationaux. C’est l’alibi magique. On noie la sueur du producteur local dans un océan de statistiques mondialisées.
Stéphane CONVERT, le président de la section laitière 71, dénonce une mécanique destructrice qui frappe directement notre territoire. Cette baisse annoncée du prix du lait c’est un arrêt de mort programmé pour des dizaines d’exploitations familiales.
Le fardeau de ces travailleurs de la terre atteint déjà un point de rupture. Nos éleveurs ploient sous une accumulation de contraintes écrasantes, entre la hausse vertigineuse des charges, les crises sanitaires à répétition, le manque de visibilité et le rouleau compresseur d’une administration tatillonne.
Tout cela, ils l’encaissent. Mais vendre à perte franchit la ligne rouge de la survie. La loi française impose pourtant que le prix payé prenne obligatoirement en compte les coûts de production. Ce principe légal s’affiche comme non négociable. Dans les faits, les grands acteurs de la filière menacent de s’asseoir dessus avec une aisance glaçante.
Si la ferme s’effondre, c’est la souveraineté alimentaire de la France qui s’écroule avec elle. Sans un prix rémunérateur, aucun jeune ne reprendra le flambeau des anciens pour maintenir nos campagnes vivantes. Face à ce cynisme, le consommateur garde une arme redoutable entre ses mains.
Au bout de la chaîne, devant le rayon frais, chaque achat décide de l’avenir d’une famille. Privilégier les produits laitiers identifiés par le logo « Origine France », c’est soutenir directement nos éleveurs et refuser la destruction d’un métier millénaire. C’est un acte de résistance. Le code-barres est devenu notre bulletin de vote le plus puissant.
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