C’est un colosse de métal qui s’éveille ce mois de janvier à Virey-le-Grand, rompant le silence de la plaine de SaôneOr. Sur dix-neuf hectares, le groupe Atlantic vient de renverser une table géographique vieille de trente ans. Ce qui se jouait hier dans les conteneurs traversant les océans depuis l’Asie se fabrique désormais ici, à nos portes. Avec un investissement titanesque de 150 millions d’euros, le message est clair : la pompe à chaleur, poumon de la transition énergétique, ne sera plus l’otage de la logistique lointaine.
Le virage est brutal. Cent cinquante mille unités par an.
Cette cathédrale industrielle n’est pas qu’une coque vide. Elle va faire vivre trois cents familles d’ici 2028, dont la moitié prend déjà son poste, tournevis ou tablette en main. Pour le bassin chalonnais, longtemps marqué par les cicatrices de la désindustrialisation, voir sortir de terre des lignes d’assemblage et des laboratoires de recherche a le goût d’une revanche. Ce n’est pas un hasard si ce site a poussé là, au carrefour des autoroutes : c’est la reconquête physique d’une souveraineté perdue, transformant le « consommer local » en « produire vital ».
En rapatriant la production, on coupe l’herbe sous le pied du carbone. Chaque pompe à chaleur qui sortira de ces lignes aura économisé son tour du monde, prouvant qu’en 2026, l’écologie la plus efficace est peut-être celle qui remet l’usine au milieu du village.
