La ville de Louhans-Châteaurenaud a présenté ce matin les nouveaux locaux de sa police municipale. Un point presse en forme de visite, qui a permis de découvrir 120 mètres carrés entièrement rénovés, de faire le point sur les équipements à venir, et d’écouter des discours qui ont largement dépassé le cadre immobilier.
C’est le maire, Frédéric Bouchet, qui accueille la délégation. « Ce n’est pas une inauguration, c’est simplement une visite pour que vous preniez l’habitude de venir ici », précise-t-il d’emblée, plantant le décor. Ici, au rez-de-chaussée, tout est opérationnel. Là-haut, une salle de réunion, des vestiaires. Les sept agents, quatre policiers municipaux et trois ASVP, y sont désormais chez eux. Ils gèrent non seulement la sécurité, mais aussi l’occupation du domaine public, les marchés, les manifestations.
Le maire détaille les équipements qui arrivent : aux neuf caméras de vidéoprotection existantes s’ajouteront bientôt neuf lecteurs de plaques stratégiquement placés et une caméra mobile, qui pourra être déployée sur des lieux ponctuels. Un investissement soutenu par l’État. La sous-préfète de Louhans, Caroline Ageron, a annoncé que quatre nouvelles communes du territoire de Bresse bénéficieront cette année d’un financement pour leur propre vidéoprotection.
« La vidéoprotection, pour nous, c’est de la protection », confirme le capitaine Jean-Philippe Jasseau, commandant en second de la compagnie de gendarmerie de Louhans. « Ça dissuade, tout simplement, tout en restant dans le respect de la tranquillité publique et de la liberté individuelle. » Le capitaine salue une « vraie coproduction de sécurité » avec la police municipale, une relation où « les gens se connaissent, travaillent ensemble et apprécient de travailler ensemble ».
Cette efficacité est illustrée par la gestion sereine des grands événements, comme le marché du lundi ou la Pentecôte, où 8 000 à 9 000 personnes se rassemblent sans incident majeur, sous une présence « permanente mais discrète ». La compagnie de gendarmerie, forte de 35 militaires, s’appuie sur les sept agents municipaux pour couvrir un territoire vaste.
La circulation n’est pas en reste. Un radar municipal flambant neuf permet de contrôler les axes secondaires. Un récent comptage a révélé une moyenne de 50 à 55 km/h en ville, mais aussi des pointes à 90 km/h aux entrées et sorties. Sur les 12 000 véhicules qui traversent Louhans chaque jour, la présence régulière des forces de l’ordre rappelle à chacun de lever le pied.
« La cause des mineurs reste mineure »
La matinée prend un tour plus solennel lorsque le maire évoque « quelque chose qui nous est commun, ces violences intrafamiliales ». Il rappelle l’existence d’un dispositif d’accompagnement des victimes, avec deux appartements dédiés à la mise à l’abri.
C’est ensuite la sénatrice de Saône-et-Loire, Marie Mercier, qui prend la parole. Son propos est grave, sans concession. « On a beaucoup de mal à faire changer les mentalités. Vous savez, on dit : “Oh, ce n’est qu’un enfant, ce n’est pas grave.” L’enfant, c’est juste l’avenir d’un pays qui va se trimballer après quelque chose qui sera pour lui bien comme la perpétuité. »
Elle salue l’interpellation rapide d’un prédateur, mais s’inquiète de tous les autres. « Repérer une rupture dans un comportement. Un petit gamin qui va bien, tout d’un coup, il ne va plus bien, il s’est passé quelque chose. Et là, toujours, toujours le nouvel ordre. Aux aguets, parce qu’ils sont partout. » Et de conclure sur ces mots : « Malheur à ceux qui blessent un enfant, mais honneur à ceux qui le sauvent. »
Une justice de proximité qui fait ses preuves
Le délégué du procureur de la République de Chalon-sur-Saône, M. Lavaud, s’est félicité de la coopération sans filtre entre le parquet, la mairie et les forces de l’ordre.
« À Louhans, quand il y a un souci, la mairie n’hésite pas à contacter le parquet. Inversement, nous, quand on a des difficultés, on a toujours des interlocuteurs. »
Cette collaboration a donné naissance à un dispositif original : le « deal » de réparation pour les mineurs. Convoqués avec leurs parents dans le cadre du CLSPD (Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance), qui est la manière dont la commune organise son travail pour améliorer la sécurité et prévenir les problèmes du quotidien, les jeunes qui ont commis des dégradations se voient proposer une alternative à la facture. « Le deal, c’est de faire une semaine avec nos services, pour nettoyer déjà tout ce qu’ils ont fait », explique le maire. Si le travail est bien fait, la facture, environ 1 200 € pour les derniers tags, est déchirée. Sinon, elle est envoyée aux parents. « Ça a bien marché jusqu’à maintenant. »
Le courage du 23 mai récompensé
Le point d’orgue de la cérémonie est la remise de lettres de félicitations aux agents pour leur intervention décisive du 23 mai 2026, suite à l’agression sexuelle d’une adolescente. C’est Hervé Savary, qui dirige la police municipale, qui lit les citations avec solennité.
Sont ainsi mis à l’honneur Aurore Lacroix, ASVP, pour son professionnalisme et son écoute bienveillante auprès des témoins ; Nassim SALIH et Quentin ICART, pour leur réactivité qui a permis l’interpellation rapide du suspect. Aline HIRIGOYEN, absente ce jour-là, recevra la même distinction.
« Aurore était à côté pour essayer justement de l’accompagner dans les moments qui étaient très durs », a ajouté le maire, rappelant que derrière l’efficacité de l’enquête, il y avait d’abord une victime à réconforter.
La visite s’est achevée autour d’un verre de bienvenue, au rez-de-chaussée des nouveaux locaux. Dans cette maison qui « sent le neuf », la sécurité louhannaise a désormais un toit à la hauteur de ses ambitions, et les forces de l’ordre, la reconnaissance de toute une ville.

