Dernière minute :
verdict en appel sur la condamnation de Marine Le Pen
Préambule de la rédaction
Le verdict est tombé. La cour d’appel de Paris a rendu sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Marine Le Pen est condamnée, mais elle pourra se présenter à l’élection présidentielle. Ce jugement, ses conséquences politiques, ses répercussions sur la vie démocratique du pays : tout cela concerne aussi la Bresse, la Saône-et-Loire, et chacun de nos lecteurs. Notre collaboratrice Colette Petitjean livre ici son analyse. Un regard engagé, un ton libre, qui n’engage qu’elle mais nourrit le débat.
Écrit par Colette Petitjean
La cour d’appel de Paris a tranché. Marine Le Pen pourra se présenter à l’élection présidentielle sous bracelet électronique. Elle avait pourtant déclaré récemment qu’elle renoncerait à cette quatrième candidature si elle devait porter un bracelet pour faire campagne.
Le jugement est le suivant : Marine Le Pen a été reconnue coupable et condamnée à 100 000 euros d’amende, 3 ans de prison dont 2 avec sursis, sous surveillance électronique, et 45 mois d’inéligibilité dont 30 mois assortis du sursis. L’affaire concerne le détournement de fonds destinés au travail des députés européens, utilisés au bénéfice du Rassemblement National, sans enrichissement personnel.
Rappelons que le Rassemblement National n’a pas été le seul parti à avoir utilisé des fonds européens à son profit. Les partis de Messieurs Bayrou et Mélenchon ont également été mis en cause pour les mêmes pratiques, sans avoir été sanctionnés aussi durement. Peut-être parce que les sommes étaient moins importantes, même si l’infraction était également constituée.
Ce sont pourtant les parlementaires qui ont voté ces lois d’exigence de probité, face au désamour profond entre les citoyens et leur classe politique. Les juges peuvent les interpréter avec plus ou moins de sévérité, avec des conséquences très concrètes sur les candidats et donc sur le choix des électeurs. Le cas Fillon reste dans la mémoire collective. Empêché de se présenter. Sans oublier tous les élus condamnés pour des faits divers, mais tous répréhensibles par la justice.
Il fut un temps, lointain, où pour se présenter à la plus modeste élection, municipale, cantonale, départementale, les candidats devaient fournir un casier judiciaire vierge. Comme pour de nombreuses autres professions. Afin de ne pas priver les électeurs du choix de leur candidat, cette exigence a été supprimée. Avec les conséquences que l’on voit aujourd’hui.
Le plus enthousiaste parmi les partis politiques était le Rassemblement National, voulant se démarquer du « tous pourris ». Une pensée récurrente parmi les citoyens qui ne voient plus l’utilité d’aller voter, pénalisant ainsi les nombreux élus honnêtes, travailleurs, compétents, soucieux de l’intérêt général, qui se dépensent sans compter au service de leurs concitoyens.
Le premier parti de France reste l’abstention. Sans compter tous ceux qui ne se donnent même plus la peine de s’inscrire sur les listes électorales. Signe profond du malaise récurrent d’un système démocratique de plus en plus déconnecté des aspirations profondes des Français.
Les récentes réformes pour les municipales, avec l’impossibilité de panacher les listes et l’obligation d’une stricte parité, n’ont pas arrangé la liberté de vote des citoyens. Principalement dans la France profonde, rurale. Dans de nombreuses communes, on a vu naître la liste unique complète, remplissant toutes les conditions exigées, avec la réélection des sortants sans opposition démocratique, mais souvent avec une forte abstention.
INFO BRESSE analysera les conséquences sur l’élection présidentielle de la future décision de Marine Le Pen, après son intervention prévue ce soir.
Colette Petitjean