Le premier camion est arrivé à bon port. Il a été déchargé cet après-midi sur le bassin d’Arcachon. Vingt-quatre tonnes de vêtements, de linge, de produits d’hygiène, de denrées non périssables. De quoi habiller, laver, nourrir des familles qui ont tout perdu en quelques minutes. À l’autre bout de la chaîne, à Saint-Germain-du-Bois, Benjamin LeMerer et son équipe de bénévoles n’en reviennent toujours pas. « La qualité et la quantité des dons est impressionnante. » Et ce n’est pas fini.

 

 

Le président de l’UCIA, l’Union Commerciale, Industrielle et Artisanale de Saint-Germain-du-Bois, a accepté de nous parler au milieu des palettes. Sa voix ne trahit pas la fatigue, juste une forme de stupéfaction joyeuse. « On a vraiment travaillé durement. Toute l’équipe a mis à disposition des locaux, du temps, de l’énergie. C’est vraiment chouette de voir que c’est arrivé et que c’était attendu. »
Ce qui frappe, dans cette opération, c’est la démesure de la générosité. L’équivalent de deux camions a été collecté, soit une soixantaine de palettes. Le premier convoi est déjà sur place. Le second est prêt, palettisé, filmé, en attente du prochain trajet.
L’association a décidé de suspendre temporairement la collecte pour permettre au centre de réception girondin de traiter les vingt-quatre tonnes déjà envoyées. « Il faut qu’ils traitent aussi », explique Benjamin LeMerer. La solidarité, c’est savoir s’arrêter pour ne pas submerger ceux qu’on veut aider.
 
 
 
Derrière les chiffres, il y a des visages, des gestes, des renoncements. Des donateurs sont allés acheter du neuf pour le donner. Des commerçants ont ouvert leurs locaux, prêté leur matériel.
 
Teddy Fèvre, de Fèvre Création,
plâtrier-peintre à Saint-Germain-du-Bois, était invité à un mariage samedi après-midi. Il n’y est pas allé. Il a préféré ouvrir son local pour stocker les palettes. « On a été touché par ce genre d’initiative. C’est important de le dire. »
 
 
 
D’autres ont donné ce qu’ils n’avaient pas en trop : du temps. Christopher, chauffeur chez Transports Colinet, une entreprise de Branges, a pris sur ses jours de congé pour effectuer l’aller-retour vers la Gironde. Bénévolement. De lui-même. La société Colinet a mis le camion à disposition. Un poids lourd et un chauffeur offerts pour la cause.
 
 
 
 
La logistique, c’est aussi l’affaire de Valérie Gautheron, qui dirige la Droguerie Quincaillerie Bressane, l’enseigne Monsieur Bricolage Relais de Saint-Germain-du-Bois. Son magasin a servi de point de collecte principal. Elle a fourni le matériel de stockage, les palettes, les appareils. L’UCIA, qui fédère une quarantaine d’entreprises locales, a coordonné l’ensemble. Une chaîne de solidarité où chaque maillon a tenu.
 
 
 
 
 
 
Le premier camion est arrivé. Le second attend. La Gironde sait désormais qu’elle peut compter sur un village de Bresse. Une soixantaine de palettes, vingt-quatre tonnes, une poignée de bénévoles, et un élan qui n’a pas fini de rouler.