Un rapport sénatorial, rendu public ces derniers jours, propose de lutter contre les « ingérences intérieures » avant l’élection présidentielle. Au cœur du dispositif : un observatoire officiel chargé d’évaluer la qualité des informations et de décréter lesquelles seraient des « fake news ». Une idée qui ressemble à un cauchemar orwellien, et qui soulève une question simple : qui aura le pouvoir de dire ce qui est vrai ?

 

 

 

 

Liberté d’expression : quand le Sénat veut créer une agence de la vérité

Le rapporteur, le sénateur Laurent Lafon, ne cache pas sa cible. Selon lui, « si une personnalité, un courant de pensée, un parti politique disposant de moyens financiers conséquents décidait de le mettre au service d’un projet politique en utilisant les réseaux sociaux comme une arme », cela constituerait un problème à combattre. La phrase est sidérante. Elle transforme toute tentative de convaincre l’opinion en menace. Elle sous-entend que les moyens financiers et la capacité d’influence devraient être réservés à ceux qui sont déjà en place.

Faut-il réserver l’usage des réseaux sociaux aux partis bien-pensants ? Interdire les dons à ceux qui sont dans l’opposition ? Réduire au silence les médias qui refusent le diktat de la pensée unique ? Ces questions peuvent paraître excessives. Elles découlent pourtant directement de la logique du rapport.

Au centre du plan figure la création, avant la présidentielle, d’un « observatoire » officiel censé évaluer la qualité des informations diffusées à travers le pays, et décréter lesquelles seraient des « fake news » mises à l’index. Autrement dit, une agence d’État chargée d’édicter la vérité. Une fois le verdict rendu, tout « fautif » accusé de menacer « la qualité de l’information » pourrait se retrouver effacé des fils d’actualité où les Français s’informent. Les plateformes en ligne seraient sommées d’invisibiliser quiconque contreviendrait aux vérités officielles.

L’exemple de Boulevard Voltaire est éloquent. Ce média d’opinion a été accusé, par des journalistes du service public, de contribuer à la « fabrique du mensonge » simplement pour avoir rappelé que la meurtrière de la petite Lola était une Algérienne sous OQTF. Un fait exact. Désormais, ce type de signalement pourrait devenir une condamnation.

Cette logique n’est pas isolée. Le président de la République lui-même a longtemps évoqué la « labellisation » des médias. Le rapport sénatorial s’inscrit dans cette trajectoire. Il ne s’agit plus seulement de réguler, mais de verrouiller le débat avant l’élection.

En Bresse, comme ailleurs, la liberté d’expression est un bien fragile. Les élus locaux, les associations, les citoyens qui s’expriment sur les réseaux pourraient demain être soumis à ce type d’évaluation. La démocratie ne vit pas de vérités officielles. Elle vit de la pluralité des points de vue, même de ceux qui dérangent.

Le débat est lancé. Il mérite mieux qu’une pétition alarmiste. Il mérite une réflexion sérieuse sur la place de l’information, le rôle des plateformes et la sauvegarde des libertés publiques. Car une démocratie qui confie à l’État le soin de décréter la vérité a déjà cessé d’en être une.

Ne les laissez pas faire sans réagir : signez la pétition, transférez le message à vos contacts, aidez-nous à susciter à une réaction à la mesure des enjeux, pour stopper net ce projet scandaleux tant qu’il est encore temps !

Contrôle de l’information et des opinions

Halte aux dérives liberticides !

JE SIGNE LA PÉTITION