C’est officiel, sénatrice depuis 2015, Marie Mercier se représente pour un 2ème mandat au service des collectivités locales. Membre de la commission des lois, Marie Mercier, 68 ans, s’est particulièrement investie au Sénat pour la protection des enfants, en particulier dans la lutte contre les sites pornos gratuits accessibles aux enfants (loi du 31 juillet 2020 sur la pornographie en ligne, dont les principes ont été étendus via la loi européenne DSA, Digital Services Act), et les enfants victimes d’inceste. Sénatrice LR, elle souhaite être élue sur son nom, car bien qu’encartée aux Républicains, elle revendique son indépendance, se veut « divers droite » et « ne vote pas toujours avec son groupe » mais en accord avec ses convictions et sa conscience.

Ce deuxième mandat est pour elle la suite logique de son combat pour la protection de l’enfance, « même si c’est difficile, on peut y arriver » avec déjà un texte contre les « infractions sexuelles en ligne » et un dossier sur les « jeux dangereux des enfants à l’école » (jeu du foulard, de la tomate) avec la sortie d’un « focus » lors de la rentrée scolaire en lien avec Edouard Jeuffrey, ainsi que sur les violences intra-familiales.
Toujours médecin, elle consulte dans son cabinet de Chatenoy-le-Royal à raison de 2 vacations par semaine. Pour elle, sa vocation de soignante s’accorde parfaitement avec son mandat car elle « privilégie l’humain » et pour cela, a composé sa liste de 5 membres couvrant les 5 circonscriptions de Saône-et-Loire, soulignant la parité (2 hommes et 3 femmes, ses 2 co-listières sortantes repartant avec elle pour ce 2ème mandat) avec une diversité et une complémentarité de leurs parcours professionnels (agriculture, santé, banque, informatique).
Liste : représentativité territoriale et parité
1) Marie Mercier : médecin généraliste en exercice, sénatrice sortante de Saône-et-Loire, maire honoraire et conseillère municipale de Châtenoy-le-Royal, conseillère communautaire du Grand Chalon.
2) Patrick Desroches : cadre dans le secteur informatique, 59 ans. Maire de Viré, Vice-Président de la com.com Mâconnais-Tournugeois (en charge du développement économique), conseiller départemental du canton d’Hurigny. Motivation : il apprécie la proximité permanente avec le terrain de Marie Mercier et parce qu’elle travaille « en plus de la politique ».
3) Françoise Duriau : 58 ans, conjointe collaboratrice d’agriculteur. Ancienne responsable qualité dans une entreprise fabricant des automates de laboratoire. Maire de Lucenay-Lévêque, conseillère communautaire du Grand Autunois Morvan, membre du C.A. de l’Association des Maires de Saône-et-Loire (AMF 71). Motivation : déjà colistière lors du précédent mandat, elle apprécie le courage, l’intégrité et l’humanité de Marie Mercier.
4) Bertrand Collaudin : 64 ans, retraité, ancien exploitant agricole et producteur de lait. Maire de Curbigny, vice-président de la com.com Brionnais Sud Bourgogne (en charge des bâtiments et services techniques). Motivation : se définit comme un « élu de terrain » (toujours avec sa pioche), et salue particulièrement ses interventions sur les violences faites aux enfants (père de 3 enfants).
5) Aline Gruet : 59 ans, experte en développement économique (30 ans de carrière dans la banque). Maire de Pierre-de-Bresse, 1ère Vice-Présidente de la com.com de Bresse Nord Intercom, conseillère départementale, vice-présidente de Bresse Initiative (Louhans), membre du C.A. de l’AMF 71. Motivation : déjà sur la liste mandat précédent, elle souligne la solidarité entre femmes élues « quand une femme élue épaule une autre femme élue au tout début » et apprécie les prises de position de Marie Mercier sur la protection de la famille.
Avec sa double identité de médecin-sénatrice, Marie Mercier veut soigner les communes comme ses malades, et soigner les élus comme elle soigne ses patients, apportant aussi à la commission des lois sa fibre humaniste. Elle plaide également pour une meilleure formation des maires, en particulier psychologique car ces élus de proximité sont confrontés au quotidien à tous les problèmes de leurs administrés, y compris personnels. Elle insiste sur la réactivité indispensable « un mail, on répond » car « on ne doit pas laisser un élu sans nouvelles ». Elle se veut un « soutien aux maires ruraux » en particulier pour tous les problèmes techniques, mais aussi et surtout pour les problèmes de ressources humaines, car « le plus dur pour un maire, c’est de gérer les agents et les équipes ».
Marie Mercier développe sa stratégie politique et son positionnement politique.
C’est acté, son ex-numéro 2 Fabien Genêt, et désormais sénateur sortant, se représente aussi sous l’étiquette LR, menant sa propre liste, ils partent donc en campagne séparément.
Pour Marie Mercier « ce n’est pas illogique » que chaque sénateur sortant veuille mener sa propre liste pour « être élu sur son nom ». En 2015, elle était numéro 2 et en 2020 elle voulait être numéro 1 pour être élue sur son travail.
Division ou complémentarité ? Pour Marie Mercier, ce n’est pas une division à droite mais une complémentarité, car tous deux ont d’ailleurs le soutien du parti LR (Les Républicains).
Reste qu’à la suite des dernières municipales, cette profusion de candidats LR en Saône-et-Loire, couplée à l’élection de grands électeurs RN qui espèrent former un groupe au Sénat, ne peut qu’affaiblir l’actuelle majorité de droite (LR) sénatoriale, tant à Paris qu’en Saône-et-Loire.
Actuellement, se sont déclarés candidats, outre les deux LR (Marie Mercier et Fabien Genêt), Paule Matray, PS (Parti socialiste) sénatrice sortante remplaçant Jérôme Durain élu Président de la région Bourgogne-Franche-Comté, Damien Saley, candidat LFI (La France Insoumise) et Jean Masdupuy, candidat RN (Rassemblement National) soutenu par l’UDR (Union des droites pour la République).
Avec 3 candidats de droite, 2 LR et 1 RN-UDR en Saône-et-Loire, l’union des droites n’est pas à l’ordre du jour pour ces sénatoriales 2026. Mathématiquement, cela ne peut que favoriser la gauche PS et LFI par dispersion des voix. Rappelons que les grands électeurs doivent obligatoirement voter sous peine d’amende. Rendez-vous le 27 septembre 2026 pour les résultats.
Colette Petitjean