PRÉAMBULE

La question des échanges internationaux de produits agricoles dépasse les frontières de la Bresse, mais elle touche directement nos éleveurs, nos marchés et nos assiettes. Colette Petitjean revient sur la suspension des importations de viande brésilienne par l’Union européenne, une décision qui résonne fortement avec les combats des producteurs locaux. Sa chronique met en perspective les contradictions entre accords commerciaux et exigences sanitaires.

Écrit par Colette Petitjean

 

Ce qui devait arriver, arriva. En effet, l’U.E. a décidé de suspendre l’importation de viande brésilienne, en particulier de bœuf et de volailles. Cette décision prend effet au 3 septembre 2026, concernant toute importation de viande de bœuf du Brésil, mais aussi, selon les audits sanitaires en cours pour vérifier la conformité des importations brésiliennes, volailles, œufs, miel. Les producteurs brésiliens sont en effet soupçonnés d’exporter des produits contenant des antibiotiques. Mais aussi des poulets contenant des salmonelles qui ont été découverts en Grèce.

Le MERCOSUR tant voulu par Ursula Von den Layen, signé le 17 janvier 2026 malgré l’opposition de la France, aurait-il du plomb dans l’aile, ainsi d’ailleurs que la Présidente toute-puissante ?

Déjà en novembre 2025, la commission européenne avait ordonné le retrait du commerce de détail et l’interdiction à la vente de lots de viandes de bœuf commercialisés par le géant brésilien JBS, cartel brésilien acteur et grand bénéficiaire de l’accord UE-MERCOSUR.

De plus, tout le monde savait que le Brésil ne brillait pas par son respect scrupuleux des règles sanitaires, avec déjà une alerte le 8 mai 2026 d’une euro-députée polonaise du groupe ECR, dans sa question écrite dénonçant la découverte de salmonelle dans 80 % d’échantillons testés sur un lot de 3 tonnes de volailles brésiliennes, pourtant restée sans réponse pendant 4 mois de la part de Bruxelles. Cela sans compter l’information REUTERS de fin mai 2026, dénonçant elle aussi la décision de PEKIN de suspendre l’importation de bœuf brésilien émanant de JBS, après la détection de progestérone, hormone de croissance interdite, dans des lots contrôlés destinés à la CHINE.

Pourtant Emmanuel MACRON a reçu en grandes pompes, les frères BATISTA puissants dirigeants du cartel JBS, en novembre 2025, pourquoi ? Même question à Ursula Von der Layen qui a imposé contre l’immense majorité des européens (84 % selon un sondage) et de nombreux pays dont la France, cet accord du MERCOSUR, d’autant que ni la France ni d’autres pays européens ne manquent de viande pour nourrir la population européenne.

Au nom du libre-échange et de la liberté du commerce, on ne saurait tolérer des importations du BRESIL ou d’ailleurs, contenant des substances interdites et nocives à la santé humaine, au prétexte de prix bas au détriment de la santé des consommateurs, et de l’avenir des producteurs de viandes saines et conformes à nos exigences sanitaires. En particulier nos éleveurs français qui sont soumis à des règles et obligations sanitaires très strictes, mais nécessaires à la protection de la santé des populations françaises ainsi qu’étrangères pour les exportateurs.

Cette information tombe à pic et ne pourra que réjouir nos 2 producteurs de bovins made in France, hôtes d’honneur de la 2ème fête de la Ruralité organisée par le Député de la Bresse Eric Michoux, le samedi 26 septembre 2026 à BOUHANS.