PRÉAMBULE
La sénatrice de Saône-et-Loire s’est rendue à Buxy le jour de la rentrée scolaire, aux côtés du collectif de parents A.V.E.C. Varandaine. Elle y a constaté les effectifs élevés des classes de sixième et de quatrième et apporte son soutien aux familles. Nous publions sa prise de position, transmise à notre rédaction, dans le cadre de notre ouverture au débat public et au pluralisme des points de vue.
Ce matin, jour de rentrée, la sénatrice s’est rendue au collège de la Varandaine à Buxy, à la rencontre des familles réunies au sein du collectif A.V.E.C. Varandaine, des personnels de l’établissement et des élus du secteur.
Depuis le conseil d’administration du 29 juin, les familles savent que les classes de sixième et de quatrième accueilleront au moins trente élèves. La moyenne nationale au collège se situe autour de vingt-cinq, la moyenne européenne autour de vingt et un. La Varandaine se trouve donc, dès le premier jour, très au-dessus de ce que la République considère elle-même comme raisonnable. Ce collège scolarise les enfants d’une dizaine d’écoles et de vingt-trois communes rurales. Ce que l’on décide pour lui, on le décide pour l’avenir de tout un territoire.
Elle apporte son soutien plein et entier à la démarche de ces trois cent vingt familles. Cette démarche est mesurée, puisqu’elle demande l’ouverture de deux divisions seulement, une en sixième et une en quatrième. Elle est constructive, puisque les parents proposent d’emblée le dialogue et se disent prêts à examiner toutes les alternatives d’organisation. Rien là ne relève de la surenchère, tout relève du bon sens.
Trente élèves en sixième, à l’âge exact où se joue la transition la plus délicate de la scolarité, ne permet ni l’attention aux plus fragiles ni la différenciation pédagogique que l’institution demande pourtant aux enseignants. On ne peut pas exiger des professeurs qu’ils réduisent les écarts scolaires tout en leur retirant les moyens de le faire.
Elle refuse que l’école devienne la variable d’ajustement d’un budget contraint. Il y a là deux conceptions de l’égalité. L’une, arithmétique, considère que les moyens suivent mécaniquement la démographie et que les seuils sont des seuils. L’autre, la nôtre, considère que l’égalité réelle exige de donner davantage là où les conditions sociales et géographiques sont plus difficiles. La ruralité de Saône-et-Loire ne demande pas la charité, elle demande que la règle commune y produise les mêmes effets qu’ailleurs.
La sénatrice a saisi ce jour la directrice académique et le rectorat de l’académie de Dijon afin qu’un réexamen de la dotation horaire globale du collège soit conduit dans le cadre des ajustements de rentrée, une fois les effectifs réellement constatés. Elle a demandé qu’une rencontre réunisse rapidement le collectif, la direction de l’établissement, les élus et les services académiques. Elle saisira enfin le ministre de l’éducation nationale sur les critères de répartition des moyens dans les collèges ruraux, et sur la nécessité de pondérer les seuils d’ouverture par l’éloignement et les temps de transport scolaire.
Elle restera aux côtés des familles, des personnels et des maires du secteur aussi longtemps que nécessaire. Comme l’écrivent les parents, nos enfants ne sont pas des chiffres compilés dans une base de données.
Paulette Matray
Sénatrice de Saône-et-Loire