Une trentaine d’élus rassemblés à Louhans-Châteaurenaud. Face aux scènes de pillage et de guérilla urbaine du 17 octobre, ils exigent des actes de l’État et refusent que les collectivités assument seules les réparations.
À Louhans-Châteaurenaud, une trentaine d’élus se sont réunis sur le parvis de la mairie, pour dire leur révolte après les scènes de pillage et de guérilla urbaine qui ont eu lieu le samedi 17 octobre lors des manifestations dénonçant les problèmes des lycéens, la vie chère, les prix des carburants, les problèmes agricoles, et autres sujets de mécontentement qui sont légion.
Si le droit de manifester est constitutionnel en France, cela doit se faire dans le calme et la discipline, sans entraîner les désordres constatés partout en France, accompagnés de pillages et destructions de commerces, atteintes et incendies de biens publics (mairie de Limoges, office du tourisme de Lyon, etc.), sans oublier de véritables attaques-commandos contre les forces de l’ordre, les pompiers et les secours, faites par des individus parfaitement organisés, équipés, entraînés à la guérilla urbaine, chauffés à blanc par des forces politiques d’extrême gauche.
Qui veulent faire la révolution et « tenir la rue » s’opposant au débat démocratique et au suffrage universel. Macabre répétition des élections présidentielles de 2027 avec LFI « annonçant la couleur » si Marine Le Pen était élue présidente de la République. Avec déjà un lamentable aperçu à l’Assemblée nationale, lors de débats législatifs houleux et des passes d’armes violentes entre LFI et le RN-UDR dans un hémicycle sans majorité avec ses 11 groupes parlementaires parfaitement ingouvernables.
Ce lundi, à Louhans, on remarquait la présence du maire de Louhans-Châteaurenaud Frédéric Bouchet, de Mathilde Chalumeau, conseillère départementale et maire de Bruailles, Anthony Vadot, président de Bresse intercom et maire de Branges, les représentants départementaux de l’AMF (Association des Maires de France) et de l’Association des Maires ruraux, avec une trentaine de maires venus en renfort.
Dans leurs interventions, tant Frédéric Bouchet qu’Anthony Vadot s’accordent pour dénoncer « cette atteinte grave à la liberté d’expression et de démocratie ». « Solidaires avec tous les maires » mais fustigeant « la condamnation n’est pas suffisante » et « la doctrine des forces de l’ordre n’était pas à la hauteur sur le terrain » car on aurait dû « exploiter les services de renseignements ». « Le Premier ministre doit répondre aux maires » et « la justice doit sanctionner à la hauteur des actes ». « Il est essentiel que la violence ne soit pas un mode d’expression ».
Et de demander « place aux actes et au rétablissement de l’ordre républicain ».
Au-delà des belles paroles, les maires veulent être reçus par le Premier ministre. Et surtout, ils attendent du concret de l’État, et ne veulent pas que les budgets communaux et intercommunaux, donc les impôts locaux soient mis à contribution pour réparer les dégâts sur les édifices publics, alors que cette responsabilité revient à l’État.
Rappelons la doctrine française : on délègue à l’État l’usage de la « force légitime » puisque sa première fonction est une mission régalienne d’assurer « la sécurité des biens et des personnes » en échange de quoi les citoyens paient des impôts et acceptent de ne pas se défendre eux-mêmes par tous moyens.
Que ce soient les dizaines de citoyens-électeurs-contribuables venus soutenir les maires ce lundi, ou tous les élus, tout le monde fait le même constat : la France vit une situation pré-insurrectionnelle grave qui ne peut et ne doit pas durer, la presse étrangère n’étant d’ailleurs pas tendre avec les dirigeants français dont en première ligne, le président de la République Emmanuel Macron.
Ce constat doit d’ailleurs rassembler les élus de tous bords bien au-delà des étiquettes politiques, mais force est de constater que ce n’est pas forcément le cas si l’on s’en tient aux discours bien lisses émanant d’une certaine gauche trouvant des explications voire des excuses à ces débordements de violence, ou ne les condamnant pas franchement et sans ambiguïté.
Maintenant que les constats sont faits, restent les mesures à prendre et là… c’est plutôt le grand désert blanc. Que ce soient l’allocution d’Emmanuel Macron ou les déclarations de Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, rien de concret : sauf une sorte de satisfecit et une dénégation des responsabilités au plus haut niveau, sans aucune remise en question, ce qui ne peut qu’alimenter davantage encore les polémiques mais sans résultat sur le terrain du concret.
Les assurances ne pourront ou ne voudront pas rembourser tous les dégâts causés aux commerces, vols, destructions des locaux, pertes d’exploitation, remises en état, etc., sauf à augmenter les polices d’assurance et ce, pour tous les assurés afin de répartir les frais, et l’État se défausse aussi sur les collectivités pour ne pas avoir à payer sa propre impéritie.
Résultat : ce sont toujours les mêmes contribuables et assurés qui paieront la note en lieu et place des casseurs et… ils en ont assez d’être pris pour des « pigeons » taillables et corvéables à merci !
Mais il y a loin de la coupe aux lèvres et la belle loi « casseur-payeur » est loin d’être appliquée.
De plus, au-delà des réparations matérielles, le rétablissement et le maintien de la paix civile imposent des mesures que le gouvernement ne semble pas vouloir prendre.
Aussi ne nous berçons pas d’illusions : les violences du samedi 17 octobre seront malheureusement appelées à se reproduire car on n’a apporté aucune solution à leurs causes.