Le congrès du Rassemblement national à Orléans a consacré Julien Odoul. Le député de l’Yonne et conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté entre au conseil national du parti. Colette Petitjean décrypte ce que cette élection révèle de la stratégie du RN et du rapport des électeurs aux affaires judiciaires.
Julien Odoul, député de la 3e circonscription de l’Yonne depuis 2022, réélu en 2024 et conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté, également porte-parole du parti RN, confirme son rôle majeur dans l’état-major du Rassemblement national.
Son parcours politique depuis 2014 a connu de nombreuses variables, passant par des formations de gauche et du centre : membre successivement du Parti socialiste, du Nouveau Centre et de l’UDI. Il a également été condamné en appel le 7 juillet 2026 par la Cour d’appel de Paris pour « recel de détournement de fonds publics », son nom étant lié à l’actualité judiciaire des assistants parlementaires du Rassemblement national.
Toutefois, si la Cour d’appel de Paris a condamné Julien Odoul à 8 mois de prison et à 1 an d’inéligibilité avec sursis, cette condamnation n’a pas été suivie d’exécution provisoire, ce qui permet à Julien Odoul de conserver son siège de député à l’Assemblée nationale, d’autant qu’il s’est aussi pourvu en cassation. Cette condamnation n’est pas pour l’instant définitive, puisque la Cour de cassation ne s’est pas encore prononcée.
Membre éminent du Rassemblement national, élu par les 76 000 adhérents à jour de leur cotisation, conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté et député RN de l’Yonne, Julien Odoul pèsera de tout son poids politique dans sa circonscription, à la région Bourgogne-Franche-Comté et à l’Assemblée nationale. Cette élection le légitime encore davantage au sein du RN et dans le paysage politique, à la fois provincial et parisien.
Ce congrès national du RN à Orléans s’est tenu alors qu’une manifestation contre le RN était organisée dans une autre partie de la ville, pour lutter contre le « fascisme ». Elle s’est déroulée dans le calme, tout comme ce congrès national.
L’UDR, parti d’Éric Ciotti allié au RN, et ses élus locaux, dont le député Éric Michoux, n’ont pas commenté officiellement la montée en puissance de Julien Odoul dans le paysage politique régional, pas davantage d’ailleurs que les élus RN, qui ne peuvent que se féliciter de cette élection.
Reste que l’électeur de base qui vote encore reste pour le moins circonspect lorsque ses représentants élus sont condamnés par la justice, même si cette condamnation n’est pas définitive. La notion d’exemplarité reste un marqueur fort dans l’électorat, toutes tendances confondues. Force est de constater que cette exemplarité est parfois battue en brèche par ces mêmes élus, encourageant ainsi le « tous pourris » par l’abstention, le vote blanc ou la non-inscription sur les listes électorales, particulièrement chez les jeunes, voire par la violence attentatoire à un État démocratique, mais servant d’exutoire à une population ne se sentant plus légitimement représentée.
Rappelons qu’en France, il n’a jamais été obligatoire de produire un casier judiciaire vierge pour se présenter à une élection, malgré une tentative législative au Sénat en 2016, supprimée en 2017 par l’Assemblée nationale. C’est pourtant une obligation pour l’exercice de nombreuses professions.