Après le RN et le maire, l’Union des Commerçants de Louhans-Châteaurenaud prend la parole sur l’affaire Carla
La parole tourne. Après le communiqué du conseiller municipal RN Étienne Clerc, après le droit de réponse du maire Frédéric Bouchet, c’est au tour de l’Union des Commerçants de Louhans-Châteaurenaud de s’exprimer sur l’arrêt de la collecte de cartons par la jument Carla. Un texte mesuré, qui refuse d’alimenter la polémique politique et recentre le débat sur l’essentiel : la survie économique des commerces de proximité.
L’Union des Commerçants le dit d’emblée : elle ne reproche rien à la municipalité. Elle reconnaît les contraintes juridiques et la répartition des compétences. Elle regrette, en revanche, que cette affaire soit utilisée à des fins politiques. Son communiqué, transmis ce jour à INFO BRESSE, est un plaidoyer pour l’accompagnement des initiatives locales.
Depuis trois ans, le projet Carla réunissait tous les critères : une collecte écologique en traction animale, respectueuse de l’environnement, limitant les déplacements vers la déchetterie, améliorant la propreté du centre-ville, et permettant la réinsertion de personnes éloignées de l’emploi. Malgré cela, aucun financement institutionnel n’a pu être obtenu. Ni de l’État, ni de l’Europe, ni du Département, ni de la Région, ni du Syndicat Mixte.
L’association souligne un paradoxe : si ce projet avait été porté par une collectivité, il aurait sans doute trouvé des subventions. Porté par des commerçants, il est resté sans soutien.
Le communiqué rappelle aussi la réalité économique du commerce de proximité. Beaucoup de commerçants ne se versent pas un SMIC, malgré des semaines de soixante heures. Les nouvelles obligations, notamment sur les biodéchets, font grimper les coûts. Certains commerces alimentaires doivent débourser plusieurs milliers d’euros par an. Transporter soi-même ses cartons à la déchetterie, c’est du temps, de l’essence, et parfois une fermeture temporaire du magasin.
L’Union des Commerçants ne demande pas de privilèges. Elle demande que les efforts soient accompagnés. Le débat, dit-elle, n’est pas politique. Il est économique, écologique et humain.
INFO BRESSE a recueilli la parole de toutes les parties prenantes. Le RN, le maire, et désormais les commerçants. Chacun a pu s’exprimer. Aux lecteurs de se faire leur opinion.
Communiqué de l’Union des Commerçants de Louhans-Châteaurenaud
Face aux nombreuses réactions suscitées par l’arrêt de la collecte des cartons, l’Union des Commerçants souhaite apporter quelques précisions.
Avant toute chose, nous tenons à affirmer clairement que nous ne reprochons rien à la municipalité de Louhans-Châteaurenaud. Nous sommes conscients des contraintes juridiques et financières auxquelles elle est soumise, ainsi que de la répartition des compétences entre les différentes collectivités.
En revanche, nous regrettons sincèrement que cette situation puisse aujourd’hui être utilisée à des fins politiques. Ce n’est ni notre intention, ni l’objet de notre démarche.
Depuis trois ans, notre seule ambition a été d’apporter une solution concrète aux commerçants face aux nombreuses évolutions réglementaires en matière de gestion des déchets. On nous demande de trier davantage, de recycler toujours plus, de gérer les biodéchets, de réduire notre impact environnemental, de répondre à de nouvelles obligations… et nous partageons pleinement ces objectifs.
Mais force est de constater que, lorsqu’une association de commerçants prend l’initiative de mettre en place un projet innovant, écologique et socialement responsable, elle se retrouve bien souvent seule.
Notre projet réunissait pourtant tous les critères recherchés : une collecte des cartons en traction animale, respectueuse de l’environnement, limitant les déplacements vers la déchetterie, améliorant la propreté du centre-ville et permettant également la réinsertion de personnes éloignées de l’emploi.
Malgré cela, aucun accompagnement financier n’a pu être obtenu. Nous avons sollicité différents partenaires institutionnels, qu’il s’agisse de l’État, de l’Europe, du Département, de la Région ou encore du Syndicat Mixte. Malheureusement, aucune solution n’a permis de pérenniser cette initiative.
C’est précisément ce manque d’accompagnement que nous dénonçons aujourd’hui.
Nous avons le sentiment qu’une telle initiative aurait sans doute trouvé plus facilement des financements si elle avait été portée par une collectivité ou une structure publique telle que le SIVOM. En tant qu’association de commerçants, nous ne pouvions malheureusement pas accéder aux mêmes dispositifs, alors même que notre projet répondait aux enjeux environnementaux et sociaux fixés par les pouvoirs publics.
Notre rôle est simple : défendre les intérêts des commerçants et rechercher des solutions permettant de limiter l’impact financier des nouvelles obligations.
Il y a trois ans, une collecte classique représentait un coût estimé à environ 400 euros par commerçant et par an. Aujourd’hui, avec les nouvelles réglementations, notamment concernant les biodéchets, certains commerces alimentaires peuvent supporter des coûts atteignant plusieurs milliers d’euros chaque année. À cela s’ajoutent les nouvelles contributions sur les emballages, ainsi que l’ensemble des charges qui ne cessent d’augmenter.
La réalité économique des commerces de proximité est aujourd’hui particulièrement difficile. Beaucoup de commerçants exercent leur métier avant tout par passion. Certains ne parviennent même pas à se verser l’équivalent d’un SMIC, et pour d’autres, les revenus sont très inférieurs, malgré des semaines de travail dépassant souvent les 60 heures.
Il faut également penser aux commerces qui fonctionnent avec des salariés. Qui transporte les cartons jusqu’à la déchetterie ? Pendant ce temps, le commerce doit-il fermer ? Le salarié doit-il utiliser son véhicule personnel ? Toutes ces questions montrent que la gestion des déchets est bien plus complexe qu’elle n’y paraît, et que les réponses apportées par les textes sont parfois éloignées des réalités du terrain.
Notre démarche n’a jamais consisté à opposer les collectivités entre elles. Elle visait uniquement à proposer une solution locale, écologique, économiquement viable et bénéfique pour l’ensemble du territoire.
Nous espérons que cette expérience permettra d’ouvrir une réflexion plus large sur la nécessité d’accompagner concrètement les initiatives locales lorsqu’elles répondent aux objectifs environnementaux fixés par les pouvoirs publics.
Notre combat n’est pas politique. Il est économique, écologique et humain. Les commerçants ne demandent pas des privilèges. Ils demandent simplement que les efforts qui leur sont demandés soient accompagnés, afin qu’ils puissent continuer à faire vivre nos centres-villes sans que les nouvelles contraintes ne mettent en péril leur activité.
L’Union des Commerçants de Louhans-Châteaurenaud