Le futur complexe sportif de Branges, c’est 1 933 mètres carrés de plancher pour le gymnase, 553 pour la salle de danse, une facture de 7,56 millions d’euros, et une promesse : désengorger les gymnases de Louhans, saturés depuis des années. Ce mercredi, le président de Région Jérôme Durain est venu inspecter l’avancée du chantier.

Le projet a une histoire. Il remonte à 2017. Un premier concours de maîtrise d’œuvre, une première version du programme. Et puis des reports. D’autres priorités à financer, comme le pôle Enfance Jeunesse Famille de Louhans. La crise énergétique. Et surtout, des règles de subvention qui ont changé entre 2018 et 2022. Le Département a lancé un plan environnement avec des aides plus avantageuses. La Région a imposé des éco-conditions. Les subventions sportives classiques s’arrêtaient. Il a fallu capter des fonds européens. Le programme a été entièrement revu en 2022 pour intégrer des exigences de performance énergétique beaucoup plus strictes.
 
 
 
Le cabinet ARCAD’ 26, dirigé par l’architecte Laurent Vallas, avait été sélectionné dès 2021 pour la maîtrise d’œuvre.
 
 
Un chantier à 7,56 millions d’euros
 
Le coût total est de 7 559 165 euros hors taxes : 5 878 007 euros pour le complexe sportif et 1 681 158 euros pour la salle de danse attenante. Le financement est bouclé grâce à un tour de table complet.
 
La Région Bourgogne-Franche-Comté apporte 649 780 euros pour le complexe via le contrat de territoires, 157 751 euros pour la salle de danse, et 143 000 euros pour le bois local, soit un total de 950 531 euros.
L’Europe (FEDER) verse 777 600 euros pour le complexe et 222 400 euros pour la salle de danse. L’État finance 1 605 000 euros, le Département de Saône-et-Loire 235 000 euros. La commune de Branges participe à hauteur de 241 500 euros pour le complexe et 58 500 euros pour la danse. L’autofinancement de la communauté de communes s’élève à 2 944 244 euros.
 
 
Les fonds européens ont été longs à obtenir et imposent des contrôles stricts. Le chantier est prévu pour durer 15 mois. Le clos couvert sera terminé fin juillet. L’intérieur suivra. La livraison est espérée pour la grande rentrée de septembre, avec une mise en service pour les entraînements réguliers à la rentrée 2027.
 
500 places, une salle de danse de 16 mètres par 16
 
Le complexe compte quatre corps de bâtiment. Une zone centrale d’accueil avec vestiaires et sanitaires. Une salle omnisports de 44 mètres sur 24, avec une tribune fixe de 250 places et des gradins amovibles pouvant en ajouter 250, soit 500 places au total. Une salle d’évolution de 16 mètres sur 16, dédiée à la danse, à la gymnastique rythmique et sportive, à l’acrosport, à la gym douce. Et une chaufferie bois.
 
 
La hauteur de la salle de danse a été un point clé. Initialement prévue à 6 mètres, elle a été rehaussée à 9 mètres pour permettre les compétitions de cerceau ou de massues. Les besoins des compétitions régionales de basket et de GRS ont déterminé la taille de la salle omnisports. Le stockage a été pensé pour les associations : des compartiments sous la tribune pour chaque club utilisateur, et des locaux dédiés dans la salle de gym.
 
 
 
Une chaufferie bois partagée avec le village
La chaufferie bois alimentera le complexe, mais aussi la salle du Marais, grâce à une convention entre la mairie de Branges et la communauté de communes. La commune de Branges avait son propre projet de chaufferie bois pour son école et sa mairie, mais la salle du Marais, chauffée au gaz depuis 2003, était trop loin pour y être reliée. La proximité du nouveau complexe a tout changé. Branges participe financièrement, et le réseau sera préparé pour un raccordement au printemps prochain.
 
Le combustible est de la plaquette forestière, pas du bois de taille. Très peu de cendres, aucun résidu chimique. La livraison se fait par camion souffleur. Les cendres repartiront en compost.
 
 
Un bâtiment à énergie positive
Le gymnase est conforme au niveau E3C1, le plus haut niveau de performance. Le bilan BEPOS est de -11 kWhep/m².an, ce qui signifie que le bâtiment produit plus d’énergie qu’il n’en consomme. La consommation est de 14,30 kWhep/m².an, pour une limite maximale autorisée de 79,2. La part d’énergie renouvelable atteint 144,8 kWhep/m².an.
 
 
Un test d’étanchéité à l’air est prévu en juillet, avec un objectif très exigeant pour un gymnase. Le confort d’été est un défi : le bâtiment est très peu déperditif, la lutte contre la chaleur est aussi importante que le chauffage.
 
 
La façade est en matériaux bois composite, couleur gris métallisé avec des incrustations brillantes. L’architecte a voulu refléter la brume de la Bresse. Le bâtiment utilise 95 % de béton apparent, avec une teinte orange brique. Le chantier a nécessité la création de plus de 500 inclusions rigides, des fondations profondes, car le terrain était peu porteur. Les entreprises viennent d’un rayon de 100 kilomètres : Mâconnais, Chalonnais, le bardage vient de l’Ain.
 
 
 
 
Saturation à Louhans
La construction de ce complexe répond à un besoin criant. Les gymnases de Louhans arrivent à saturation. En journée, les créneaux sont très occupés : sport handicap, sportifs retraités, gymnastique douce. Des associations se voient refuser des créneaux ou doivent utiliser des salles inadaptées.
 
Les créneaux de septembre seront préparés en fin juin, avec une préfiguration. La priorité ira aux associations locales. Le week-end, il y aura sans doute des demandes pour des événements. En revanche, le complexe ne sera pas utilisé pour des concerts ou des spectacles. L’usage est exclusivement dédié au sport.
 
 
 
 
Le message de Jérôme Durain
Le président de Région a profité de la visite pour délivrer un message aux élus et aux entreprises présents. Il a reconnu que les normes environnementales sont parfois complexes à mettre en œuvre. Il a annoncé que des propositions de simplification seraient faites, pour maintenir un haut niveau d’exigence tout en étant plus léger sur le formalisme, en privilégiant un principe de confiance plutôt que de contrôle.
 
Il a rappelé que la Bourgogne-Franche-Comté déploie 170 millions d’euros de programmation avec 35 territoires partenaires. « Sur le territoire de la Bresse, ce partenariat est particulièrement efficace, et l’argent régional est bien utilisé. »
 
Il a conclu en annonçant une nouvelle visite à l’automne, lorsque le chantier sera plus avancé.
 
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