Dans la droite ligne du conseil municipal de Louhans-Chateaurenaud du 18 Juin 2026, le Maire Frédéric Bouchet a adressé un courrier à nos parlementaires sur ce sujet récurrent des fermetures de classes, voir d’écoles, partout en Bresse, et dans toutes les zones rurales de France..

 

(voir intervention de Frédéric Bouchet interpelé par Hélène Oges, dans le compte-rendu du conseil municipal du 18 juin 2026).

Secrétariat général Le Maire de Louhans-Châteaurenaud
N° de téléphone : 03 85 76 75 17
Références : F.B./V.G. aux Parlementaires
 
Louhans-Châteaurenaud, le
 
Objet : Carte scolaire
En ma qualité de Maire de Louhans-Châteaurenaud, je souhaite attirer votre attention sur une préoccupation qui me semble aujourd’hui essentielle pour l’avenir de nos écoles rurales. Cette réflexion m’est personnelle, mais je sais qu’elle est largement partagée par de nombreux élus confrontés aux mêmes réalités de terrain.
 
 
Annuellement, les élus locaux participent à l’élaboration de la carte scolaire. Leurs discussions se concentrent alors sur les tendances démographiques et sur l’obligation de fermer des classes pour faire face à la diminution du nombre d’élèves.
 
 
 
 
Je ne conteste pas cette réalité. La diminution du nombre d’élèves est un fait dans de nombreux territoires ruraux et il est normal qu’elle soit prise en considération. En revanche, je m’interroge sur le fait que cet indicateur soit souvent présenté comme la seule explication aux réductions de moyens et aux fermetures de classes. Or, un autre phénomène démographique majeur touche notre pays : le vieillissement de la population. Celui-ci entraîne mécaniquement une augmentation du nombre de retraités et donc des dépenses de pensions. Le monde de l’Éducation nationale n’échappe naturellement pas à cette évolution.
 
 
 
Dès lors, il me semblerait utile que les élus locaux disposent d’une vision plus globale des facteurs qui influencent l’évolution des moyens de l’Éducation nationale. À défaut, les fermetures de classes peuvent apparaître comme la seule conséquence de la baisse du nombre d’élèves, alors que d’autres évolutions démographiques et budgétaires participent également aux contraintes auxquelles l’institution est confrontée.
 
Cette interrogation m’a conduit à examiner l’évolution récente du budget de l’Enseignement scolaire. Selon les documents budgétaires de l’État, les crédits consacrés aux pensions des anciens agents de l’Éducation nationale sont passés de 22,6 milliards d’euros en 2024 à 24,3 milliards d’euros en 2025, soit une progression de plus de 7 % en une seule année. Dans le même temps, les moyens consacrés à l’enseignement hors pensions sont restés quasiment stables. Aujourd’hui, près de 28 % du budget de la mission « Enseignement scolaire » est consacré au financement des pensions. Je tiens naturellement à préciser que je ne remets aucunement en cause le droit légitime des personnels de l’Éducation nationale à bénéficier de leur retraite après une carrière au service de la République. Il ne s’agit pas d’opposer les générations entre elles.
 
 
 
Je m’interroge simplement sur les conséquences de cette évolution pour les moyens effectivement disponibles au bénéfice des élèves, des enseignants en activité, des remplacements, de l’accompagnement des enfants en difficulté et du maintien des classes dans les territoires ruraux. Cette question me paraît d’autant plus importante qu’une classe qui ferme n’est jamais une simple donnée statistique. C’est un service public qui recule, une inquiétude supplémentaire pour les familles et parfois un facteur de fragilisation pour l’attractivité de nos communes.
 
 
Par ailleurs, je suis de ceux qui considèrent qu’une classe accueillant un effectif plus réduit ne constitue pas nécessairement une anomalie. Elle peut au contraire représenter une opportunité pédagogique, permettant un meilleur accompagnement des élèves et de meilleures conditions d’enseignement.
 
 
C’est pourquoi je sollicite votre intervention auprès du Gouvernement afin qu’une réponse
claire puisse être apportée à plusieurs questions :
  • Quelle a été, au cours des dix dernières années, l’évolution de la part des dépenses de pensions dans le budget de l’Enseignement scolaire ?
  • Quelle est aujourd’hui la part réelle des moyens effectivement consacrés aux élèves et aux établissements ?
  • Dans quelle mesure l’évolution des dépenses de pensions influence-t-elle les marges de manœuvre disponibles pour le maintien des classes et des postes ?
  • Pourquoi les élus locaux ne disposent-ils pas, lors des travaux relatifs à la carte scolaire, d’une présentation intégrant à la fois l’évolution démographique des élèves et celle des dépenses de pensions liées au vieillissement de la population ?
 
 
 
Je vous serais reconnaissant d’envisager le dépôt d’une question écrite au Gouvernement afin que ces éléments puissent être portés à la connaissance de tous dans un cadre officiel et transparent.
 
 
 
Je souhaiterais également qu’une rencontre puisse être organisée entre les parlementaires du département, les représentants de l’Éducation nationale et les maires concernés, afin d’échanger sereinement sur ces enjeux et sur les perspectives de notre école rurale.
 
Parce que l’école demeure le premier service public de proximité et l’un des investissements les plus importants pour l’avenir de notre pays, je suis convaincu que ce dialogue est aujourd’hui nécessaire.
 
Dans l’attente de votre retour, je vous prie d’agréer, l’expression de ma haute considération.
 
Le Maire,
 
Frédéric BOUCHET