Le loup, l’éleveur et le fusil : la fuite en avant de l’État

L’État a choisi la facilité. Face au retour du prédateur dans nos campagnes, la réponse politique se résume à une augmentation des quotas de tir. Les associations tirent le signal d’alarme : la destruction aveugle ne résout rien, elle masque seulement l’abandon des éleveurs.

Le 13 août marque la journée internationale du loup. Le collectif CAP Loup brosse un portrait sombre de la situation française. Les abattages se multiplient. Les mesures législatives s’assouplissent. La protection du canidé s’effrite sous la pression des peurs. Le symptôme le plus criant reste l’élimination de spécimens équipés de colliers GPS, des outils scientifiques détruits pour satisfaire une logique de destruction immédiate.

 

En Bourgogne-Franche-Comté et dans l’ombre des forêts bressanes, le sujet n’est pas abstrait. Le loup a franchi les crêtes du Jura et rôde aux portes des espaces pastoraux. La réaction de l’État est une insulte au bon sens. On tire sur le prédateur plutôt que de financer les parcs de protection. On cède à la panique plutôt que de structurer l’accompagnement des éleveurs. Cette fuite en avant alimente la colère des ruraux. Elle leur fait croire que la balle réglera un problème écologique et social. C’est un mensonge d’État.

 

La coexistence n’est pas une utopie de citadin. Nos voisins européens le prouvent. LItalie, l’Espagne ou le Portugal ont fait le choix d’investir dans des mesures de protection adaptées. L’effort est réel. Les résultats sont là. L’État français préfère la voie de la facilité. Il abandonne les éleveurs à leur sort, leur lâche un fusil et ferme les yeux sur les destructions illégales. Le résultat est prévisible. La tension monte. Le prédateur survit dans la clandestinité. Le pastoralisme vacille.

 

Le loup n’est pas l’ennemi. Il est le marqueur d’un écosystème vivant. L’opposer aux activités humaines est une impasse. La véritable question n’est pas de savoir s’il a sa place dans nos paysages. Il y est. La question est de savoir si l’État aura le courage de soutenir ceux qui vivent de la terre, au lieu de leur offrir des cartouches. La protection du loup et la survie de l’élevage ne sont pas incompatibles. Elles exigent juste une politique de la raison, et non de la peur.