Les Jeunes Socialistes de Saône-et-Loire répondent au député Michoux sur le mariage des étrangers en situation irrégulière

 

Le débat sur le mariage des personnes en situation irrégulière ne retombe pas. Après les débats à l’Assemblée nationale, les prises de position du député de la 4e circonscription, Éric Michoux, continuent de faire réagir. Ce dimanche, les Jeunes Socialistes de Saône-et-Loire ont publié un communiqué pour dénoncer ce qu’ils appellent une « dérive préoccupante » et une remise en cause de l’État de droit.

Le communiqué, signé de Thomas Bonnot Cauvin, animateur fédéral des JS71, vise directement les déclarations du député. Pour les Jeunes Socialistes, laisser entendre qu’un maire pourrait s’opposer à une décision de justice en matière de mariage revient à fragiliser un principe fondamental : la séparation des pouvoirs.
Ils rappellent que la loi donne déjà des outils aux élus. Un officier d’état civil qui suspecte une fraude ou une absence de consentement peut procéder à des auditions, conjointes ou séparées, pour vérifier la cohérence des déclarations des futurs époux.
Si le doute persiste, il saisit le procureur de la République. C’est ensuite à la justice, et à elle seule, de trancher. « Le maire alerte, la justice tranche. Chacun exerce son rôle », résument les Jeunes Socialistes.
 
Ce qui est dénoncé dans le communiqué, c’est l’idée qu’un élu puisse se substituer au juge pour apprécier la sincérité d’une union. « Qui aime sincèrement ? Qui mérite de se marier ? Ces questions ne relèveraient plus de la justice mais de l’appréciation subjective d’un élu », s’inquiètent les signataires. Pour eux, cette logique ouvre la porte à une « société de la suspicion permanente », où les responsables politiques deviendraient « des arbitres des vies privées ».
 
Les Jeunes Socialistes concluent leur texte en appelant le député à se souvenir que « les outils existent déjà et que la justice est là pour les faire respecter ». Et d’ajouter, non sans ironie : « Peut-être est-il temps d’être sérieux. »
 
Ce communiqué s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes autour de la proposition de loi portée par Eric Michoux, visant à interdire le mariage des personnes en situation irrégulière en France. Un texte qui, après avoir été retoqué une première fois en 2025, a de nouveau été bloqué à l’Assemblée nationale la semaine dernière, sous l’effet d’une obstruction parlementaire des groupes de gauche. Le débat est loin d’être clos.