Une ligne jaune continue. Une voiture arrêtée dessus. Et un PV glissé sous l’essuie-glace. Ce mercredi 13 mai 2026, sous les arcades de la Grande Rue à Louhans-Châteaurenaud, un agent de surveillance de la voie publique rappelait à un automobiliste pressé une règle élémentaire du Code de la route : une ligne jaune, c’est interdit. Pas de chance pour le contrevenant. Pas d’indulgence pour l’incivilité.
La scène est banale et c’est justement sa banalité qui pose question. La Grande Rue, ses 157 arcades classées parmi les plus beaux détours de France, son marché du lundi, ses commerces qui résistent. Et ses automobilistes qui se croient tout permis. Ce matin-là, le véhicule verbalisé n’était pas garé sur un emplacement réglementaire. Il était arrêté sur une ligne jaune continue, ce marquage au sol que tout titulaire du permis de conduire est censé connaître. Une ligne jaune continue signifie arrêt et stationnement interdits. Pas de discussion possible. Le contrevenant voulait sans doute faire une course rapide sous les arcades, quelques emplettes, un croissant, un café. Il est reparti avec une contravention. Coût de l’infraction : 35 euros forfaitaire.
Ce n’est pas une mesure d’exception. La police municipale de Louhans-Châteaurenaud applique le droit commun. Mais la municipalité a décidé de renforcer la présence sur le terrain. Les effectifs ont été consolidés en ce début d’année 2026. La police municipale compte désormais quatre policiers municipaux, dont un est actuellement en arrêt maladie, épaulés par trois agents de surveillance de la voie publique, et un agent administratif. Un projet de déménagement dans des locaux plus spacieux est également à l’étude. Les ASVP sont assermentés par le procureur de la République. Leurs missions sont strictement encadrées : ils verbalisent les infractions à l’arrêt et au stationnement. La ligne jaune, c’est leur rayon.
Les riverains le savent, le stationnement sous les arcades est un sport local. Certains jours, les véhicules mordent sur les trottoirs, débordent des emplacements, se glissent dans des espaces réservés. Le piéton slalome entre les pare-chocs. Le coup de pression de ce mercredi matin n’est pas qu’une sanction isolée. C’est un signal. La municipalité entend faire respecter l’espace public. La gratuité du stationnement, défendue par le maire Frédéric Bouchet, ne signifie pas la gratuité de l’incivilité.
Reste que la ligne est fine entre la fermeté nécessaire et l’agacement des administrés.
Le contrevenant du jour racontera peut-être qu’il n’en avait que pour deux minutes, qu’il n’avait pas vu la ligne, que la police ferait mieux de s’occuper des vrais délinquants. On connaît la ritournelle. Mais la loi ne fait pas dans la nuance. Une ligne jaune, c’est une ligne jaune. Et un PV, c’est un PV.
La cité aux arcades n’est pas un parking sauvage. Les commerçants y vivent, les piétons y marchent, le patrimoine y respire. La police municipale, avec ses renforts, est là pour le rappeler à ceux qui l’auraient oublié. Ce n’est pas du zèle. C’est du civisme à 35 euros.