Politique : une discrète campagne, celle des sénatoriales

Préambule de la rédaction

Daniel Dériot connaît la politique de Saône-et-Loire de l’intérieur. Ancien correspondant local de presse, passionné de patrimoine et d’histoire, il nous livre aujourd’hui sa première chronique. Un regard sobre et documenté sur les sénatoriales à venir, nourri par une connaissance fine du terrain et des élus. Il rejoint nos colonnes pour éclairer, avec précision, la vie politique de notre département.

Écrit par Daniel Deriot

 

Les grands électeurs de Saône-et-Loire se retrouveront à Mâcon le dimanche 27 septembre pour élire trois sénateurs. Les candidats, pas tous connus à ce jour, mènent une campagne discrète, faite de rencontres avec les maires et les conseillers municipaux qui composent ce corps électoral spécifique.

Le scrutin a lieu à la proportionnelle. Comme en septembre 2014, il n’y aura qu’un seul tour. Le véritable suspense réside dans les scores qu’obtiendront les listes du Rassemblement national et de La France insoumise. Sauf grande surprise, les trois sénateurs sortants seront réélus : Marie Mercier et Fabien Genet, tous deux Les Républicains, et la socialiste Paulette Matray. Cette dernière a repris, voilà bientôt un an, la succession de Jérôme Durain, devenu président du Conseil régional.
Les élections sénatoriales sont le reflet des municipales de mars dernier. Les socialistes ont perdu la ville du Creusot mais ont remporté Montceau-les-Mines. La droite, avec sa victoire au Creusot, a maintenu ses positions fortes à Chalon-sur-Saône, Paray-le-Monial, Charnay-lès-Mâcon, Mâcon et Digoin, le fief électoral de Fabien Genet, élu voilà six ans. Le centre droit demeure fort à Autun, bastion de l’ex-sénateur Marcel Lucotte, proche de Valéry Giscard d’Estaing. Le maire Modem, Vincent Chauvet, bien que réélu, doit faire face à une contestation quasi quotidienne de l’ancien maire Rémy Rebeyrotte, celui qui l’avait installé dans le fauteuil de maire en 2017, alors qu’il devenait député.
Le RN et LFI vont se compter dans la perspective de 2027. Le RN a acquis des sièges de conseillers municipaux à Louhans, Montceau-les-Mines, Saint-Boil, Autun, mais pas en nombre suffisant pour obtenir un élu. Le RN présente une liste avec le soutien de l’UDR d’Éric Michoux.
Ce dernier, voilà six ans, avait conduit une liste qui avait inquiété les états-majors de la droite républicaine, alors unie contrairement au scrutin de 2014. La liste RN est conduite par Jean Masdupuy, résidant entre Montceau et Chalon, au centre du département, mais il n’a pas de mandat électif, ce qui n’est pas obligatoire mais l’ancrage local compte.
LFI a quelques élus, mais Damien Saley, élu chalonnais, sait qu’il ne rejoindra pas la chambre haute. Il entend compter ses voix dans la perspective de la présidentielle de l’an prochain.
Une inconnue demeure : la candidature du président des maires ruraux. Le maire de Blanot, Jean-François Farenc, président des maires ruraux du département, pourrait se présenter. Actif, modéré, il incarnerait une voix différente, mais l’espace entre une droite solide et une gauche qui devrait s’unir avec les communistes et les écologistes (ces derniers avaient fait cavalier seul en 2020) semble réduit. Jean-François Farenc avait été sollicité voilà six ans pour conduire la liste du centre, finalement menée par le maire de Suin, Jean Piret, décédé en février 2021.
Depuis le retrait de René Beaumont en septembre 2014, la Bresse n’a plus de sénateur. Sous la Ve République, elle a pu compter sur des représentants issus du monde agricole. Le maire socialiste de Brienne, près de Cuisery, Marcel Mathy, avait été élu en juin 1967 lors d’une partielle faisant suite à l’élection de Roger Lagrange, maire de Chalon, comme député de la 5e circonscription. Décédé en mars 1982, l’agriculteur Mathy avait été remplacé par son suppléant, le viticulteur Bernard Desbrière, qui le même jour perdait son siège de conseiller général du canton de Buxy.
En septembre 1995, la droite réussit, comme en 2004, un grand chelem en raflant les trois sièges. Agriculteur également, Jean-Paul Emorine de Sennecey est alors élu. Il quitte le Sénat en 2020.
En Côte-d’Or, la succession de François Patriat, ancien vétérinaire devenu un actif soutien d’Emmanuel Macron et président du groupe des démocrates, progressistes et indépendants au Sénat, sera à suivre. Il se murmure que l’ancien maire de Dijon, François Rebsamen, aurait réadhéré au PS, peut-être dans l’espoir de pouvoir compter sur les grands électeurs de gauche des villes de Dijon, Quetigny, Chenôve pour retrouver un siège au Sénat.