PRÉAMBULE

Dix ans après l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, quel bilan ? Yves Oper dresse ici un réquisitoire sans concession, entre dette, services publics dégradés et promesses non tenues.

Une tribune qui pose une question simple : incompétence ou choix assumé ?

Écrit par Yves Oper

 

Il est venu, il a vu, il a tout cramé. Arrivé en braqueur des institutions, il aura réussi l’ultime casse du siècle : une OPA hostile sur la démocratie française, en rachetant le système par appartement avant de liquider les actifs. Le Mozart de la finance a joué sa plus belle partition, mais il avait oublié d’apprendre à lire la musique. Résultat : une symphonie de dettes à trois mille quatre cents milliards d’euros, un déficit qui explose et une croissance rabotée à 0,4 %. Un chef-d’œuvre de stagnation qui fait plonger le pays dans une double dépression, économique et psychologique, tout en nous enfermant face à deux extrêmes au discours anxiogène.

À ce niveau de naufrage, une question s’impose : ce loupé relève-t-il de l’incompétence ou d’une malveillance presque concertée ? Entre aveuglement doctrinal et cynisme du « quoi qu’il en coûte », on a sciemment cramé la caisse pour acheter la paix sociale et refiler la facture aux générations futures.

Le champion du « en même temps » aura réussi l’exploit de vider les caisses de l’État tout en ruinant nos services publics. Suffisant dans sa posture, insuffisant dans ses résultats, il n’a rien voulu entendre. Les hôpitaux craquent, l’école prend l’eau, l’insécurité bat des records, le pouvoir d’achat s’effondre et les incendies ravagent nos territoires. Pendant ce temps, le pays étouffe sous une hyper-réglementation punitive qui paralyse nos entreprises.

Pendant que le chômage réexplose à 8,6 % et que la casse sur l’apprentissage détruit des milliers d’emplois chez les jeunes, la France reste le premier client des cabinets de conseil américains. Pour un milliard par an, McKinsey nous explique qu’il faut couper les budgets et faire des réunions en anglais. De la haute voltige.

Au sommet de sa tour d’ivoire, Jupiter contemple les ruines avec condescendance. Les Français ne comprennent pas sa pensée complexe ? On réexplique, on hausse le ton, pendant que la France décroche de ses voisins européens.

Dix ans de leçons de morale pour finir en queue de peloton, rincés, essorés et pris en otage par les extrêmes. Après cette OPA dévastatrice, Jupiter voulait marquer l’histoire. Il laissera une facture astronomique, un peuple aux abois, une armée de consultants trop payés et une note que nos enfants vont payer pendant un demi-siècle.

 

 

 

Yves Oper, chroniqueur à Info Bresse