Politique – Sénatoriales 2026
Interview de Damien Saley, candidat LFI aux Sénatoriales
Si vous êtes élu sénateur LFI, que pensez-vous apporter à la Saône-et-Loire et aux collectivités territoriales que vous représenterez ?
« Une vision différente des choses, différente de celle des 2 sénateurs de droite et de la sénatrice PS avec une pratique différente du pouvoir.
LFI veut redonner du pouvoir aux Maires et aux communes avec la possibilité de s’extraire des communautés de communes ou d’agglomérations. L’échelon du pouvoir, c’est la commune, avec une dotation aux communes pour se diriger correctement. Et une DGF amplifiée, argent perdu depuis 10 ans par l’offre macroniste.
Il faut mettre le sénateur et son équipe au service des petites communes, pas un coup de main de temps en temps, mais des sénateurs qui les aident sur le portage de projets. Avec le combat prioritaire contre les déserts médicaux, élargir le numérus clausus pour plus de médecins, imposer de s’installer dans les déserts médicaux pendant un certain nombre d’années avec des compensations financières. »
LFI veut abroger le délit d’apologie du terrorisme et a déposé un projet de loi à l’Assemblée Nationale. Si vous êtes élu sénateur, soutiendrez-vous ce projet au sénat ?
« Oui, mais pas l’abroger, le mettre au bon endroit, actuellement dans les délits du droit de la presse, il faut le remettre dans une autre case législative. Cet outil est mal employé, c’est un outil de censure. LFI n’a pas la volonté de supprimer globalement ce délit d’apologie du terrorisme. »
Vous êtes Professeur agrégé d’histoire. Dans votre enseignement, rencontrez-vous des problèmes pour enseigner l’histoire de France, si oui, lesquels et comment y remédiez-vous ?
« Pas de problèmes particuliers, c’est ma 13ème année d’enseignement en Bourgogne et en Seine-Saint-Denis. Il y a parmi les élèves des opinions très tranchées sur certains sujets comme considérer par exemple que certains régimes totalitaires dont le fascisme, ce n’était pas si mal, il y avait du positif, mais ces élèves restent discrets. Après l’assassinat de Samuel Paty, j’ai fait le point sur les spécificités françaises dont le droit aux caricatures religieuses et la laïcité, car ils ont du mal à comprendre comment cela fonctionne. La laicité ne commence pas à la loi de 1905, elle a toute une histoire mais souvent mal enseignée, donc mal comprise par les élèves qui croient qu’elle rejette certaines religions. Or c’est le contraire, cette loi est une loi de liberté par son article 1 qui proclame la liberté religieuse dans tous les lieux, y compris dans les lieux de privation de liberté. »
Le programme de LFI défend la VI République, idée déjà défendue par Arnaud Montebourg, Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon en son temps, projet n’ayant jamais abouti, bien enterré par la gauche dont F. Mitterrand qui s’est bien adapté à la constitution de la Vè République. Si vous êtes élu sénateur, quelle sera la 1ère loi que vous proposerez au sénat à ce sujet ?
« Lancer une assemblée constituante, convoquer les citoyens par tirage au sort qui plancheront pendant plusieurs mois sur ce projet constitutionnel, avec un programme à la fois sur son aspect fonctionnel que politique. Après abolition de la Vè République et donc nouvelle élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a dit qu’il s’en irait, mais il se présenterait sans doute à cette élection. Mais ce projet de VIè République n’est pas encore finalisé, on y travaille. »
Vos rapports avec la majorité et le Maire de Chalon, Gilles Platret sont plutôt compliqués et houleux. Si vous êtes élu sénateur, allez-vous transposer cette politique à la Haute Assemblée qui n’en a pas l’habitude, contrairement à l’Assemblée Nationale ?
« Etre sénateur sénateur insoumis, par définition, c’est un programme de rupture. On ne met pas les pantoufles du sénat. Maintenant pour la méthode, par rapport à Gilles Platret qui est d’extrême-droite, on s’adapte. Avec un sénat à droite, cela dépendra de l’attitude des sénateurs. »
Propos recueillis par Colette Petitjean