La commission des finances de l’Assemblée nationale a rejeté le projet de budget pour 2027. Le 20 octobre, les députés voteront la partie recettes. Et tout peut basculer.
Le dernier budget du quinquennat Macron arrive devant les députés. Il arrive mal. La commission des finances l’a rejeté. La partie recettes ne convient plus à personne. Le pays n’a pas de majorité.
Les députés du parti présidentiel ont voté pour. Sans enthousiasme. « Mieux vaut un mauvais budget que pas de budget », disent-ils. Autour d’eux, le bloc central se fissure. Les Démocrates se sont abstenus. Horizons a voté contre. La Droite Républicaine aussi. Son rapporteur général, Philippe Juvin, évalue le déficit public à 5,4 % du PIB. Le gouvernement promettait 5 %. L’écart est là.
Le Rassemblement national, La France insoumise et les autres groupes ont voté contre. Jean-Philippe Tanguy, député RN, parle du « tonneau des Danaïdes ». Aurélien Le Coq, pour LFI, dénonce « un budget de violence sociale ». Il ajoute : « Il n’y a rien à en sauver, il faut qu’il soit battu. »
Le premier moment de vérité arrive. Mardi 20 octobre. Vote solennel sur la partie recettes. Si les députés votent contre, la loi de finances est rejetée. Les dépenses ne peuvent pas être adoptées sans les recettes. Le texte partirait alors en l’état au Sénat.
Mais un autre scénario se prépare. Les députés socialistes ont déposé une motion de rejet. Ils la voteront. Si cette motion passe, le projet est rejeté d’emblée. Pas d’examen en première lecture. Direction directe le Sénat. Tout dépendra du Rassemblement national. Le Premier ministre ne s’est pas exprimé. Le groupe PS présente cette motion comme une « sommation ».
Avant l’examen de la partie recettes, le gouvernement répétera son message. Réduire le déficit public. Freiner la dette. Éviter des taux d’emprunt toujours plus élevés sur les marchés financiers. Les groupes politiques répondront. Chacun exposera son point de vue.
Le budget 2027 n’est pas encore adopté. Il est déjà contesté. À l’Assemblée nationale, les cartes sont rebattues. Et le pays regarde.