Préambule de la rédaction

Yves Oper signe une chronique féroce sur la cascade d’affaires politico-judiciaires qui jalonnent l’année 2026. Marine Le Pen en appel, Nicolas Sarkozy devant les juges pour la énième fois, Rachida Dati sur le banc des accusés, Jérôme Cahuzac resurgissant : le “hit-parade” des prétoires s’allonge. Une satire grinçante de l’impunité à la française et de la lenteur d’une justice qui fabrique l’amnésie collective.

 

 

 

LE HIT-PARADE JUDICIAIRE 2026 : LA GRANDE FOIRE AUX ESCROCS

Bienvenue en 2026. Le grand cirque des prétoires bat son plein. Nos élites politiques y valident leur carte de fidélité. Marine Le Pen affronte son procès en appel. Elle gère ses assistants européens.

L’Union européenne exige ses sous à l’euro près. Elle hurle au complot cosmique. Nicolas Sarkozy revient avec son financement libyen. Il cumule plusieurs millions d’euros. C’est de l’art post-moderne. Rachida Dati jongle avec ses neuf cent mille euros de contrats en toc chez Carlos Ghosn. Ils retrouvent Jérôme Cahuzac. Il avait planqué son magot en Suisse et à Singapour. Il a pris quatre ans ferme. On va bientôt ouvrir un club VIP des porteurs de bracelets électroniques pour les anciens ministres.

La Cour de justice de la République sort de sa sieste. Le ministre poursuivi est déclaré responsable, mais pas coupable. On nous assène que la responsabilité politique se règle uniquement devant les électeurs. Cela complexifie la mise en cause d’une vraie justice politique. Les juges prennent le café tiède. Ils reluquent le mur des cons. Leurs montres d’horlogers suisses sont cassées. Un député pique dans la caisse. Il salarie fictivement sa femme en 2014. Le juge tousse en 2018. Le renvoi arrive en 2022.

Le procès se déroule enfin en 2026. C’est le temps long de la justice. Cette machine fabrique l’amnésie collective. Le scandale devient un plat surgelé. On le réchauffe dix ans plus tard. Le citoyen a totalement oublié sa colère. Le politicien en profite pour jouer les martyrs. Il hurle à l’assassinat politique.

Il accuse toujours des comptables dyslexiques. Il incrimine des secrétaires trop zélés. La justice continue de courir après les intouchables comme un chat fatigué sous un meuble. Mieux vaut en rire qu’en pleurer.

 

 

Yves Oper