Un audit citoyen publié le 3 novembre pointe des manquements aux règles de protection des données sur le site de Josiane Corneloup, députée de la 2e circonscription de Saône-et-Loire. Les Jeunes socialistes de Saône-et-Loire ont saisi la CNIL le 5 novembre. INFO Bresse a pu consulter la lettre adressée à la Commission. Elle contient des détails techniques précis. L’élue n’a pas encore répondu publiquement à ces constats.

Le site de la députée dépose des traceurs Google Analytics avant tout consentement. Les Jeunes socialistes saisissent la CNIL.

Le 5 novembre 2026, Thomas Bonnot-Cauvin, animateur fédéral des Jeunes socialistes de Saône-et-Loire, a adressé une lettre ouverte à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Il lui demande de vérifier la conformité du site internet de Josiane Corneloup, députée de la deuxième circonscription de Saône-et-Loire.

Les faits ont été relevés par l’audit citoyen « Faites ce que je vote, pas ce que je fais », publié le 3 novembre. Sur le site de Josiane Corneloup, deux cookies Google Analytics sont déposés dès l’arrivée du visiteur, avant tout clic. Le document adressé à la CNIL les identifie précisément : _ga et _ga_H5SG2CKT84, pour une durée de 180 jours. D’autres ressources sont chargées avant tout choix, notamment Google Tag Manager, Facebook et Google Fonts. Aucune bannière ne permet de les refuser. Le constat a été fait trois fois, avec deux navigateurs différents, les 3 et 4 novembre. Le nom du directeur de la publication est absent des mentions légales, et aucune politique de confidentialité n’a été trouvée. La lettre souligne un risque au regard des articles 12 et 13 du RGPD.

Les règles sont pourtant connues. L’article 82 de la loi Informatique et libertés du 6 janvier 1978 et la recommandation de la CNIL du 17 septembre 2020 interdisent de déposer un traceur non indispensable sans consentement préalable. Refuser doit être aussi simple qu’accepter. C’est pour avoir rendu le refus des cookies plus difficile que leur acceptation que la CNIL a sanctionné Google à hauteur de 150 millions d’euros et Facebook à hauteur de 60 millions d’euros en décembre 2021.

« Josiane Corneloup vote les lois qui protègent nos données personnelles. Il est normal d’attendre qu’elle les applique sur son propre site. Je ne fais aucun procès d’intention. Je demande simplement que la règle s’applique à tous, et d’abord à celles et ceux qui la fixent », déclare Thomas Bonnot-Cauvin.

Ce n’est pas un cas isolé. L’audit a passé au crible 345 sites de parlementaires. Aucun n’était irréprochable au premier passage. Près d’un site examiné sur quatre déposait des traceurs avant tout accord.

Les Jeunes socialistes de Saône-et-Loire demandent à la CNIL de procéder aux vérifications utiles et, si les manquements sont confirmés, de rappeler à Josiane Corneloup ses obligations. La mise en conformité d’un site est simple et peu coûteuse. Elle protège d’abord les habitants de la circonscription qui le consultent.