Le 8 octobre 2026, l’Assemblée nationale devait se prononcer sur l’abrogation des zones à faibles émissions. Le vote n’est pas venu. Colette Petitjean raconte la séance, les amendements, les suspensions, et désigne ceux qu’elle tient pour responsables de l’enchaînement. Éric Michoux, député de Saône-et-Loire, figure parmi les élus qui portaient l’abrogation. Le sujet concerne directement les automobilistes de notre territoire.
Les trop fameuses zones à faibles émissions, rebaptisées zones à forte exclusion, avaient été abrogées par l’Assemblée nationale. Ce vote avait sans surprise été censuré par le Conseil constitutionnel. L’association 40 millions d’automobilistes et Alexandre Jardin, du mouvement « les Gueux », s’étaient unis pour intensifier leurs actions destinées à mobiliser les députés en vue de ces débats. À la suite de cette censure, la loi revenait pour un nouveau vote à l’Assemblée nationale, le jeudi 8 octobre 2026.
De très nombreuses manifestations avaient eu lieu dans toute la France contre ces ZFE, aboutissant à une vraie ségrégation des automobilistes, se voyant interdits de circuler dans un grand nombre de villes car ne possédant pas le « bon » véhicule, récent ou électrique par exemple, par manque de moyens financiers.
Parmi les députés farouchement opposés à cette injustice entravant la liberté de circulation, Pierre Meurin, député RN, et Éric Michoux, député UDR, avaient soutenu ce mouvement populaire en précisant que cela concernait de fait 15 millions d’automobilistes, pour un gain antipollution quasi nul.
Or, pour empêcher le vote, on a assisté à une obstruction parlementaire orchestrée par les élus des blocs de gauche et du centre, qui ont multiplié les amendements et les suspensions de séance jusqu’à la fin des débats à minuit. Parce qu’ils savaient que l’abrogation des ZFE serait à nouveau approuvée par la majorité des députés, trahissant les 80 % des Français opposés à ces zones.
Cette technique d’obstruction pour empêcher un vote, employée lorsque des tendances politiques ne veulent pas d’une loi alors que celle-ci a toutes les chances d’être adoptée par la majorité des députés, n’est pas nouvelle.
On en a un autre exemple avec, dans le cadre de la « niche parlementaire » de l’UDR, la loi déposée par le député Éric Michoux contre le mariage des personnes sans droit ni titre en France. Soutenue par de nombreux maires concernés, dont David Lisnard, président de l’Association des maires de France, et Robert Ménard, maire de Béziers, qui avait refusé de marier un OQTF (jugement en cours, 3 500 euros d’amende requis par le parquet au lieu des 75 000 euros d’amende, 5 ans de prison et peine complémentaire d’inéligibilité), elle avait également été empêchée de vote pendant toute la journée jusqu’à minuit, par toutes les manœuvres précitées.
Dans ces conditions, le citoyen-électeur peut légitimement se poser la question de savoir si la démocratie est respectée dans ce pays, si son vote est toujours légitime lorsqu’il ne plaît pas à divers groupes parlementaires s’organisant pour le saborder.
Les sabordeurs comptent certainement sur la lassitude, la résignation des automobilistes-citoyens ainsi que sur toutes les autres préoccupations d’actualité pour instaurer définitivement les ZFE. Et comme pour le dossier carburants, ils jouent la montre pour nous faire accepter l’inacceptable.
Colette Petitjean