François Hollande,

à Frangy-en-Bresse,

le 12 Septembre 2026.

 La 54e Fête de la Rose s’est tenue à Frangy-en-Bresse. Colette Petitjean y a suivi les interventions de Jérôme Durain, Cécile Untermaier et François Hollande. Compte rendu.

Écrit par Colette Petitjean
 
La 54ème fête de la Rose à FRANGY, institution politique du paysage bressan, et moment phare pour le PS créé par Pierre Joxe en 1973, avait comme invité d’honneur François Hollande, ancien Président de la République venu aussi dédicacer son livre « UNIR, nouveau monde, nouvelle gauche » tout juste sorti des presses de l’éditeur Robert Laffont. Accueilli chaleureusement par Jérôme Durain, Président de la région Bourgogne-Franche-Comté, la sénatrice Paulette Matray, l’ex-députée de la Bresse Cécile Untermaier, Guillaume Badet, Conseiller régional et municipal de Louhans-Châteaurenaud, de nombreux élus ou anciens élus ainsi que des militants de Saône-et-Loire et du Jura.
 
 
 
 
L’argent, le nerf de la guerre
Jérôme DURAIN dans son intervention, insiste sur « les obligations de transparence (déclarations d’intérêts) et de travail, la région retient des indemnités en fonction des absences ».
 
 
 
Il vise le RN et ses alliés « qui se gavent » dont le Député Aurélien Dutremble ex conseiller régional « qui organise une soirée cabaret pour récupérer des voix. »
 
« Eric Michoux qui organise sa fête de la ruralité avec un repas gratuit offert par la maison » mais « avec quel argent ? »
 
Julien Odoul et ses déboires judiciaires, rémunérant ses collaborateurs au parlement européen avec de l’argent public », (pourvoi en cassation en cours, ndlr).
 
 
 
« Au PS on n’achète pas l’électeur qui paie son repas (26 euros) et doit avoir sa fierté »
 
 
 
 
« Les citoyens veulent des élus qui vivent comme des gens ordinaires, font leurs courses au supermarché, vont sur les marchés » et « n’ont pas le sentiment d’être des élites » au-dessus du peuple.
 
 
 
« Car l’argent, celui des lobbys est un sujet qui est devant nous : ingérence étrangère (Russie pour le financement du RN), influences intérieures avec la FNSEA qui a investi le Ministère de l’Agriculture et tient la plume de la Ministre Annie Genevard, au détriment des autres organisations syndicales d’agriculteurs. »
 
 
Il cite aussi « Bertrand Veau, Maire de Tournus qui veut redynamiser les commerces dans sa ville, et voit Eric Michoux louer une très belle boutique bien placée pour sa permanence et qui n’est jamais là ».
 
 
Avec aussi « l’influence colossale pour les Présidentielles de Vincent Bolloré et son empire de presse, de Pierre-Edouard Stérin, milliardaire d’extrême-droite ».
 
Jérôme Durain insiste sur les insuffisances de la loi, « il faut travailler davantage, les failles existent, à la région on travaille avec Transparency International dans notre comité d’éthique régional ».
 
 
 
 
In fine, Jérôme Durain déclare « il ne faut pas chercher un candidat, mais réfléchir au projet, pour le pays, pour les électeurs, comme Président de Région, je suis inquiet pour les territoires, les agriculteurs dans cette période de périls et craint que la peur prenne le pouvoir ».
 
 
 
 
« Il faut passer de la peur à l’envie, avoir de la considération pour les gens, leurs besoins, nous sommes dans la population pas à Monaco comme Jordan Bardella ». « On n’est pas sûr que 2027 soit mauvais, on n’abandonne pas notre espoir » avec Jacques Brel « allons voir ce que la vie nous réserve et n’ayons pas peur de la vie »
 
 
Cécile Untermaier, ex-députée de la Bresse, la nécessaire exemplarité
 
Ex-magistrate au T. A. De Lyon et ex-sous-préfète, elle est particulièrement sensibilisée à une déontologie sans faille des élus. Avec la HATVP, (haute autorité pour la transparence de la vie publique) « institution qui nous est enviée dans toute l’Europe, les grands élus parlementaires doivent déclarer leur patrimoine sous peine de sanctions »
 
Mais « cette institution n’a pas assez de moyens et se heurte aussi à l’opposition des membres du gouvernement qui y voient une atteinte à leur vie privée. »
 
 
 
 
Elle demande donc « son inscription dans la constitution de la Vème république pour sa sanctuarisation. » Elle rappelle aussi que le PS n’est pas irréprochable, avec « l’affaire Cahuzac » entre autre. Alors qu’ANTICOR association française anti-corruption perd son agrément pour « ester en justice » devant le tribunal administratif.
 
 
 
François Hollande, mémoire vive de la gauche, et l’espoir ?
 
 
 
« Frangy me manquait, j’y suis venu comme 1er secrétaire du PS en 1998, c’est Pierre Joxe qui est à l’origine de cette belle initiative ».
 
 
 
 
« La gauche s’est effacée depuis 10 ans : serons-nous capable en 2027 d’être un espoir pour le pays pour les 5 ans qui viennent, mais pas seulement, aussi pour l’Europe et le monde qui nous regarde, et enrayer le processus de l’extrême-droite qui progresse en Europe, rien n’est fatal, tout dépend de vous. »
 
 
 
« A condition de trouver l’issue avec des suffrages utiles pour la France, car jamais vote n’a été aussi décisif pour notre pays, notre continent et la démocratie ». Alors que l’Europe subit 2 guerres, l’une à nos frontières l’Ukraine et l’autre avec le conflit entre l’Iran, les USA » pour le contrôle du détroit d’ORMUZ route maritime des pétroliers. Et des conséquences très directes pour l’Europe et la France : renchérissement du pétrole… à la pompe, budgets militaires pour aider l’Ukraine en guerre contre la Russie, avec le risque de déclenchement d’un conflit entre l’Europe et la Russie.
 
 
 
« L’Europe était un continent tranquille » en paix et démocratique, « doit maintenant affronter 3 autocrates : TRUMP aux USA, POUTINE en RUSSIE et XI JIPING le Président chinois qui ne dit rien mais agit » par une guerre économique agressive et l’exportation de produits manufacturés à bas coût en concurrence directe avec nos industries disparaissant de par cette concurrence déloyale.
 
 
« En face, 2 attitudes : le repli, la division, il n’y a rien à faire et s’enfermer dans nos frontières ».
 
 
 
« Autre voie : union pour un projet porté par un candidat à la Présidentielle, capable d’unir, de rassembler pour porter la même ambition. »
 
« Priorité à la jeunesse, c’est l’avenir, à l’éducation, à la recherche, à la qualité du travail et des qualifications. »
 
 
« Priorité à l’écologie, avec des changements dans nos transports, notre électricité avec des choix en faveur de la planète, de l’industrie et de la souveraineté, dont l’énergie. »
 
 
« Avec le nucléaire et le renouvelable à la fois, pour ne plus dépendre du gaz, du pétrole »
 
 
« L’Europe s’est peut-être formée trop vite avec trop de pays mais elle nous apporte beaucoup », la stabilité monétaire avec l’euro, les échanges entre pays-membres. Mais il faut la réformer pour ne pas subir en Europe des arrivages massifs de productions agricoles qui ne respectent aucune de nos normes sanitaires, environnementales, bien-être animal.
 
 
« Souveraineté agricole par la qualité de nos produits, poulet de bresse, élevage, maraîchage par l’agro-écologie ».
 
 
« Souveraineté aussi par la recherche : industries de défense mais aussi civiles » « dans un rapport de forces » avec d’autres puissances, car « on a perdu de grands pans de recherche civile et militaire, on a aussi perdu sur le plan des mathématiques, alors que la France était une grande nation scientifique ».
 
 
Enfin, le problème de la dette : « si on sort de la zone euro, et donc on revient au franc, ce sont les taux d’intérêts de la dette qui vont exploser »
 
 
« on paie + de 70 milliards d’intérêts avec une dette la plus haute de l’histoire soit le budget de l’éducation nationale et 100 milliards d’intérêts en 2030 soit le budget de l’éducation nationale + celui de la défense, ce n’est que les intérêts et non le remboursement de la dette ».
 
 
« La zone euro est meilleure que la zone dollar, si on quitte l’Europe c’est 50 ans de construction européenne qui disparaît ».
 
« Il faut relancer le couple Franco-Allemand, faire plus d’efforts, l’Etat doit être réorganisé, la dette est là il faut la payer »
 
 
« La gauche de gouvernement a la capacité la plus large, mais il faut être capable de faire bouger l’Europe, rassembler et nous unir avec les citoyens qui vont demain désigner leur candidat à la primaire pour la Présidence de la République ».
 
 
 
 
 
Colette Petitjean